L’Humain d’abord dans les urnes et dans la rue.

Ce dimanche le peuple français a décidé de tourner la page du sarkozysme, de ses gabegies et de ses échecs. Une grosse partie du travail a été réalisée et nous pouvons enfin commencer à penser nos plaies ; celles de la précarité et du chômage qui n’ont cessées d’augmenter durant ce dernier quinquennat ; celles des millions de travailleurs pauvres qui doivent choisir chaque mois entre se nourrir ou se chauffer correctement ; celles de nos frères et sœurs venus d’ailleurs meurtris par tant de stigmatisation et de rejet et celles de notre planète qui ne supporte plus ce modèle de concurrence effréné. Pour toutes ces raisons nous pouvons déjà pousser un « ouf » de soulagement.

Or cette victoire du candidat du parti socialiste ne nous garantie en rien du dépassement du modèle libéral par cette nouvelle représentation politique. Après quelques semaines où François Hollande surfera sur la « popularité du changement » celui-ci sera vite repris par la violence et le cynisme des marchés financiers. Face à ces futures attaques en rang serré, ses propositions sociales-libérales montreront vite leurs limites et leurs inefficacités. Cette absence de volonté de résistance, marquée notamment par l’acceptation implicite de la « règle d’or » ou par le refus de mettre en place un audit public de la dette, fait courir le risque au nouveau Président de la République de se retrouver dans le même fauteuil de soumission que son « camarade », l’ex-premier ministre grec Papandréou, qui n’a jamais souhaité défier les marchés.

A l’inverse, le Front de gauche a compris que pour lutter contre les invectives de la finance mondiale un programme de gauche, basé sur la solidarité et le partage des richesses, est la condition nécessaire à la résistance. C’est pour cela que nous continuons à défendre notre programme, l’Humain d’abord, comme un programme de refus aux politiques libérales, qu’elles viennent de la droite comme des sociaux libéraux. Nous sommes encore les seuls, avec le Front de gauche, à porter le rejet des politiques d’austérités qui contractent l’économie et contribuent à maintenir le pays dans un état stationnaire financièrement et régressif socialement. Contre cela, nous ne cédons pas au fatalisme et proposons de partager les richesses et notamment en augmentant les plus bas salaires, de reprendre le pouvoir aux marchés financiers et de favoriser la croissance par l’investissement sous les cadres d’une planification écologique. Et parce que le système politique actuel est à bout de souffle nous continuons à nous battre pour une 6ème République, sociale et écologique.

Certes Sarkozy est parti, mais ne tombons pas dans le piège ! Le « programme » porté par le parti socialiste et son candidat durant cette campagne présidentielle ne propose rien d’autre qu’une austérité allégée, à des années lumières de nos solutions. C’est pour cela qu’il est nécessaire de ne rien lâcher et de continuer la lutte. Celle-ci doit passer dans un premier temps par le vote pour les candidats du Front de gauche aux élections législatives du 10 et 17 juin 2012. Il est encore possible de faire fléchir la politique de François Hollande vers la « gauche pour de vrai » en envoyant le plus de députés du Front de gauche à l’Assemblée Nationale. Rappelons nous, il y a quelques mois, de l’abstention de la quasi-totalité des députés et sénateurs « socialistes » concernant le mécanisme européen de stabilité, nous ne pouvons faire confiance qu’aux députés du Front de gauche !

Enfin, le nouveau Président comprendra bien vite qu’il ne sera pas à l’abri de la colère de la rue. Nous resterons vigilant(e)s et mobilisé(e)s derrières nos syndicats et partis politiques de gauche pour faire entendre et comprendre nos revendications. Durant ces cinq prochaines années, si nous ne faisons pas les moutons, nous ne serons pas tondus.

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Le partage des richesses, étape numéro 1 : le salaire maximum

La question des salaires est fondamentale dans l’histoire des luttes ouvrières.  Le salaire est, avec l’accumulation du capital, le fondement même de la société capitaliste. Le partage des fruits de la production se faisant, de manière simple, entre les salaires versés, aux travailleurs salariés les impôts versés à l’Etat et le profit qui reste dans les mains du propriétaire des moyens de production (pour les investissements futurs ou le plus souvent dans les grosses boites pour les dividendes des actionnaires). Si la mise en place d’un salaire minimum, en contrepartie d’une plus grande flexibilité dans la mise en place de la grille de rémunération,  a d’abord été une mesure favorisant les libéraux, elle a permis de maintenir une certaine sécurité pour les travailleurs (en limitant par exemple le recours à un deuxième emploi pour avoir de quoi vivre comme nous pouvons l’observer dans les pays anglo-saxons). Le salaire minimum est à mon sens une véritable mesure anticapitaliste car elle impose des droits sociaux « contre » le marché du travail et c’est pour cela qu’il est critiqué par les réactionnaires libéraux pour qui il serait aussi une des causes du chômage de masse. L’instauration d’un salaire minimum ne s’est donc pas faite sans critiques idéologiques, les mêmes que nous retrouvons lorsque l’on propose l’idée d’instaurer un salaire maximum.

Depuis la période des « Trente glorieuses », où les écarts de salaires entre les plus riches et les plus pauvres à l’intérieur d’une grande entreprise ne dépassait pas le rapport 1 à 35, les inégalités de salaires ont littéralement explosées. Elles sont en effet, passées à un rapport de 1 à 300 et ce, sans justification valable de talent ou de qualité des grands patrons (c’est même plutôt l’inverse). Ces inégalités de salaires à l’intérieur d’une même entreprise sont  injustifiées et contre-productives. Si pendant les Trente glorieuses l’argument que l’enrichissement des uns avait des retombées positives sur l’ensemble de la société paraissait concevable (encore que … ), il est totalement dépassé aujourd’hui car l’effet sur le bien être collectif apparaît trop faible voire nul. Cet écart est contreproductif voire dangereux car il maintien une situation de faible croissance, les populations les plus fragiles, qui ont une propension à consommer forte, étant dans une situation où leur pouvoir d’achat est faible, et développe le triomphe de « l’argent roi » où la seule chose qui vaille est de s’enrichir sans penser au pourquoi du comment de sa production. De plus, les ultra-riches vont imposer un standard de consommation intenable au niveau écologique. Or si nous voulons préserver la planète nous devons changer de modèles.

Si certains pourraient être conquis par la mesure, reste à les convaincre de la possibilité de sa mise en place.  Or des exemples existent déjà et notamment dans les entreprises de l’économie sociale et solidaire. Ces entreprises qui visent à développer de nouveaux modèles économiques à l’intérieur du modèle capitaliste, ne mettent pas en avant l’accumulation de profit  privé mais la gestion démocratique par le principe 1 personnes, 1 voix et par la priorité donnée aux individus face au capital. Dans ces entreprises les écarts entre les plus petits salaires et les plus gros ont un rapport maximum autorisé de 1 à 5. Les cadres et dirigeants sont ils moins bon qu’ailleurs ? Je ne le crois pas. Et pour ceux qui penseraient que ça ne concerne que quelques marginaux libertaires, les entreprises de l’économie sociale et solidaire emploient en France près de 1800000 salariés soit 10% de l’emploi total national. Pour finir de convaincre les plus réticents à la mise en place de cette mesure progressiste (même si je doute qu’il y en ai chez mes lecteurs), le salaire maximum n’est pas une lubie des militants du Front de Gauche mais il est préconisé pour un rapport de 1 à 20 par la Confédération européenne des syndicats qui comprend pour la France : la CGT, la CFDT, FO, la CFTC, la FSU et l’UNSA, ça commence à faire du monde.

Le salaire maximum apparaît comme une mesure efficace pour augmenter les salaires : il est toujours possible pour un cadre supérieur ou un dirigeant de s’augmenter à condition qu’il augmente celui qui est tout en bas de l’échelle salariale. C’est une manière de reconnaître les efforts de l’ensemble des salariés au processus de production et de créer un cercle économique vertueux. Il y a aussi derrière cette idée une forte dimension éthique : contre la société individualiste promeut par de si gros écarts de salaires injustifiés, le salaire maximum permet de développer d’autres valeurs comme le partage et la solidarité dans l’entreprise car si « les résultats sont bon » tout le monde en profite. La répartition des richesses doit commencer par l’entreprise, c’est en cela que le salaire maximum est une nécessité. Et si certain craignent que ça fasse fuir les plus avides nous leur répondrons « qu’ils s’en aillent » !  Nous n’avons pas besoin de rapaces mais de travailleurs passionnés et partageurs.