La 6ème République pour renforcer le pouvoir d’agir

L1005343-2

S’il y a des objectifs politiques enthousiasmants pour les militant(e)s, celui de défendre et promouvoir une 6ème République, débarrassée des travers anti-démocratiques d’une 5ème à l’agonie, surpasse à mes yeux bien d’autres, fussent ils parfaitement légitimes et pertinents. Loin d’être une question secondaire, celle des institutions, et de la « règle du jeux » du fonctionnement de notre démocratie, est l’élément principal pour en penser bien d’autres. En effet, comment garantir l’émancipation collective et individuelle, et la souveraineté populaire, quand prime le pouvoir d’un monarque irresponsable ? Comment conquérir des droits nouveaux, économiques et sociétaux, quand le fonctionnement institutionnel même en empêche l’expression ?

Le mouvement pour la 6ème République a cette capacité de pouvoir mobiliser plus largement que les cercles, (malheureusement) toujours plus restreints, de militant(e)s. Sans présumer d’un contenu précis et définitif, composé de « vérités révélées » et imposées, il permet à chacun(e) de se positionner dans une dynamique politique, de se mobiliser et d’agir, à partir du seul moment où le diagnostic est partagé. Il n’est cependant pas un objet de consensus mou et dépolitisé, mais au contraire un excellent moyen de susciter le débat, de co-construire ensemble une « démocratie réelle » (comme le disent nos camarades espagnols) débarrassée de l’influence de l’oligarchie, de ses lobbies et relais médiatiques.

L’objectif de la 6ème République est donc de renforcer le « pouvoir d’agir » des citoyen(ne)s, dans tous les domaines de la vie sociale : dans la cité, dans l’entreprise, dans les services publics, etc. La construction d’une nouvelle République, écologique et sociale, doit permettre de changer la façon dont les citoyen(ne)s sont considérés vis-à-vis des élus, et de valoriser le rôle social de chacun(e). Elle doit donner le pouvoir de soutenir des initiatives « ascendantes », de la base vers les représentant(e)s, et ainsi de définir une nouvelle façon de concevoir l’action publique. La dynamique participative doit, sans s’y substituer en totalité, renforcer les politiques publiques institutionnelles à toutes les échelles de prise de décision.

Les comités locaux pour la 6ème République, qui seront prochainement constitués partout sur le territoire, devront avoir un rôle particulier à jouer pour renforcer ce « pouvoir d’agir ». Ceux-ci devront être parfaitement identifiés pour devenir des appuis et soutiens aux initiatives citoyennes collectives. Loin des logiques clientélistes, trop souvent visibles dans nos quartiers, qui décrédibilisent la parole politique et maintiennent les individus dans une situation de dépendance, ils doivent, au contraire, inciter les citoyen(ne)s à agir par eux-mêmes, à construire des solutions collectives et solidaires. Enfin, ils doivent également constituer un support à l’expression populaire en donnant des moyens à celle-ci, et notamment en produisant des clés de compréhension de sujets jugés parfois trop « techniques ».

Le comité local pour la 6ème République doit donc être ce lieu qui permet l’apprentissage de l’émancipation et la prise de conscience de sa propre force, individuelle et collective. Il doit jeter les bases d’une Révolution citoyenne qui trouve ses fondements dans les racines de l’implication populaire.

Publicités

Elections municipales, élection nationale

Facebook_Couverture_Evenement_03

Depuis quelques semaines les solfériniens ont lancés leur offensive politico-médiatique visant à faire des élections municipales de mars prochain une somme d’élections locales aux enjeux sectorisés et dispersés. En effet, pour le PS, qui a beaucoup à perdre de l’impopularité démentielle de François Hollande dans son « propre camp », c’est à dire chez les électeur-trice-s qui l’ont porté-e-s au pouvoir pour changer de politique, il s’agit d’abord de marquer localement une distance avec les conséquences de la politique d’austérité du gouvernement. Mais c’est également l’occasion de brouiller les pistes et rendre impossible toute lecture politique globale de la déroute qui s’annonce.

Cette sectorisation locale des enjeux s’appuie sur une démarche globale de dépolitisation dont la personnalisation, médiatique et organisée, des candidat-e-s est le meilleur outil. Il n’est d’ailleurs pas anodin que les exemples les plus perceptibles de cette personnalisation se trouvent dans les villes où les enjeux nationaux sont les plus marqués, par exemple à Marseille ou à Paris. Concernant la capitale, comment ne pas être outré de la mise en scène des « héritières » et de leurs « coiffures », relevant d’avantage d’un « concours de miss » (avec tout ce qu’il a peut y avoir de plus dégradant) que d’un véritable débat politique. Mais la dépolitisation c’est aussi l’affichage de projets déconnectés de la réalité austéritaire du gouvernement, faisant croire aux électeur-trice-s que la proximité du-de la candidat-e sera la réponse à la politique inique du Président de la République et de son gouvernement fantoche, où en affichant des projets faisant fi de la durée des mandats municipaux ou des compétences des collectivités. Dans tous ces cas il s’agit d’annoncer vouloir améliorer la vie des habitant-e-s sans critiquer et lutter contre le système qui leur met la tête sous l’eau.

Ne nous voilons pas la face, s’il est possible de faire des communes, grâce à des politiques publiques volontaristes de gauche, des lieux de résistances à l’austérité et limiter les conséquences de la crise écologique et sociale, l’échelle locale reste l’échelle de l’impuissance politique. De plus, la baisse conséquente et régulière, dans les projets successifs des lois de finances, des dotations accordées par l’État aux collectivités réduisent les moyens d’intervention et augmentent les inégalités, et la mise en place d’un système anti-démocratique de confiscation des capacités de décision populaire par l’acte 3 de Décentralisation (avec la Métropole de Paris par exemple) au profit d’une oligarchie de notables contribuent à conforter cette impuissance. Enfin, l’échelle locale est encore trop souvent celle du repli sur soi, des particularismes et du refoulement des intérêts de classes dont seuls les puissants sortent gagnants. L’exemple des « bonnets rouges » en Bretagne en est la parfaite illustration. Les élections municipales doivent être l’occasion de créer un mouvement populaire national, de retrouver l’élan du Front de gauche de la campagne présidentielle de 2012 pour l’amplifier. La proximité ne doit pas être une fin en soi mais être utilisée pour favoriser la conscientisation, pour créer des exemples d’alternatives sans s’y enfermer. La nationalisation des enjeux municipaux doit être un point d’appui et doit parallèlement s’appuyer sur le mouvement de refus de l’austérité, et plus globalement de la politique menée par les solfériniens au pouvoir.

L’appel à la marche du 1er décembre pour réclamer le retrait de la hausse de la TVA et pour une véritable révolution fiscale égalitaire, est une véritable bouffée d’air frais dans une campagne municipale qui s’embourbait dans des considérations d’alliances déconnectées des citoyen-ne-s. Cette marche, soutenue par l’ensemble des partis du Front de gauche, lui permet de gagner en visibilité et d’apparaître comme une force politique réellement différente du PS, porteuse d’un projet politique alternatif, qui refuse le règne de la finance et de la casse des services publics. Cette visibilité doit profiter à toutes les listes anti-austérités autonomes qui se créent actuellement partout en France. N’ayons pas peur de faire le lien entre la mobilisation du 1er décembre et les élections municipales et européennes. Utilisons tous les outils politiques existant pour sanctionner le gouvernement : marchons sur le Ministère des Finances, le « portique du MEDEF », et utilisons notre bulletin de vote les jours d’élections pour faire émerger des pratiques novatrices, écologiques et sociales. Dans tous les cas, comprenons bien que la sincérité de nos positionnements locaux dépend directement de notre stratégie nationale et inversement.


De l’Ecosocialisme à la 6ème République, cohérence et prise de conscience

5mai450

Entre le premier tour de l’élection présidentielle de l’année dernière et aujourd’hui, l’enchainement des évènements semble avoir “changé de braquet”. Les analyses du Front de Gauche quant à l’écroulement du Monde politique ancient, des “grands partis de gouvernement”, semblent plus que jamais d’actualités sous le coup des “affaires” qui n’ont rien de “personnelles” mais qui relèvent au contraire d’un système oligarchique bien huilé. Ce système de collusions entre les milieux d’affaires, politiques et médiatiques, s’étendant du FN au PS, témoigne jour après jour de sa pourriture intrinsèque. Mais malheureusement, face à ce déferlement de corruption et d’autoritarisme (les instances de l’Union Européenne en “chef de file”), les citoyen-ne-s ont bien du mal à saisir leur colère pour la transformer en débouché politique concret.

Or si l’extrême droite peut paraître “séduisante” car fidèle à son discours de rejet de l’UMP et du PS, son implication directe dans “l’affaire Cahuzac” la discrédite totalement (sans parler bien évidemment de l’absurdité de son programme anti-étrangers aussi inefficace pour l’intérêt général que coûteux pour les finances publiques). Plus que jamais le combat contre les idées du FN est nécessaire, ne le laissons pas profiter, sur une somme de mensonges, de ce climat et soyons présents avec notre bonne humeur !

Les campagnes présidentielle et législatives ont été marquées par une cohérence sans faille du programme du Front de Gauche. Des associations de France Nature Environnement à la Fondation Abbé Pierre, celle-ci fut d’ailleurs remarquée et saluée. Alors que nos adversaires et concurrents refusent de s’appuyer sur des bases programmatiques claires et définies, laissant au tout un chacun la liberté de choisir les mesures qui l’intéresse, quitte à dire tout et son contraire au cours d’une même semaine (Par exemple : “mon ennemi c’est la finance” au Bourget et “i’m not dangerous” à la City). Au Parti de Gauche et au Front de Gauche nous ne cherchons pas à plaire à tout le monde car nous savons que les classes sociales ont des intérêts antagonistes. Nous ne considérons pas le MEDEF comme un “partenaire social” des travailleurs  car le MEDEF ne partage pas les mêmes objectifs que ces derniers. Nous cherchons autant que possible (dans le respect des tendances de la dizaine d’organisations du Front de Gauche) de définir une ligne politique claire et clivante pour faire émerger la prise de conscience du conflit.

Cette ligne politique, notre idéologie, c’est l’écosocialisme. Mais n’y voyez aucune rigidité ni aucun dogmatisme aveugle. Nous ne sommes pas des “curés rouges (et verts)” car nous cherchons continuellement à faire évoluer cette idéologie par des exemples concrets et des réflexions théoriques issues d’horizons divers. Cette construction idéologique a officiellement commencée le 1er décembre 2012 avec les Assises nationale pour l’écosocialisme à Paris et se poursuit localement aux quatre coins de la France mais également à l’étranger. Le Parti de Gauche de l’Essonne (dont je fais parti) organise par exemple ses propres assises locales à Viry-Châtillon le samedi 20 décembre à partir de 9h30. Alors que l’héritage du socialisme apparaît de plus en plus comme une contrainte à certains représentants de Solférino (le Président de la République n’a t-il pas affirmé devant les français-e-s ne pas être un Président socialiste ?), nous revendiquons, au contraire, et haut et fort l’héritage. Nous reprenons les principes, les valeurs, les symboles et rendons hommages à ses dignes représentants, qu’ils s’appellent Maximilien Robespierre, Jean Jaurès ou Hugo Chavez.

L’idéologie écosocialiste, porteuse de nouvelles façons de concevoir le partage et l’exercice du pouvoir politique, ne peut s’appliquer dans les cadres tantôt oligarchiques, tantôt monarchiques de la 5ème République. Plus que d’une mesure de dépoussiérage la Nation a besoin du renouveau qui fera naître l’espoir et la confiance dans l’action collective. Tandis que l’écosocialisme définit le mode de production, la Révolution citoyenne est la méthode d’action, c’est à dire la façon de faire. La Marche du 5 mai 2013 pour la 6ème République, à laquelle de nombreuses personnalités et organisations politiques appellent à participer, doit (et serra) un acte important de la Révolution citoyenne, comme l’ont été les rassemblements à la Bastille, au Capitole et au Prado l’année dernière.

Avec l’écosocialisme et la Révolution citoyenne nous avons à la fois un contenu idéologique fort, identifiable et reconnu, et une stratégie de prise du pouvoir qui repose sur la conscientisation (par la confrontation des idées, quitte à parler cru et dru) et la mise en mouvement des classes populaires. La tache ne sera pas facile mais elle a le mérite d’être motivante !


Un œil dans le meeting du 16 novembre 2012

Meeting contre l’Austérité à Paris avec Jean-Luc Mélenchon et Pascale Le Néouannic le 16 novembre 2012 salle Japy.


Pourquoi j’ai adhéré au Parti de Gauche ?

A l’occasion de la grande journée nationale d’adhésion prévue samedi 27 octobre 2012, je vais revenir ici sur les raisons qui m’ont poussées à adhérer au Parti de Gauche, en espérant que ça donne l’envie aux réticents de franchir le pas. Avant toute chose, je tiens à signaler que c’est le premier parti politique auquel j’ai adhéré, mon expérience ne pourra donc pas s’appuyer sur des éléments de comparaisons avec d’autres partis.

Après quelques « errances » militantes diverses, j’ai décidé au moment de la mobilisation contre la réforme Fillon des retraites en 2010, d’adhérer à un parti politique. A ce moment là j’ai dépassé une idée qui me trottait dans la tête depuis  quelques années : celle que les partis politiques n’avaient finalement que peu de capacité d’action, et que le dépassement du mode de production capitaliste ne pouvait se faire que par des mobilisations sociales de travailleurs. Autant dire, ce n’était pas pour tout de suite. Après « l’échec » des mobilisations contre la réforme des retraites je me suis convaincu qu’il me devait de faire quelque chose en me rendant compte qu’attendre l’écroulement du système capitaliste financier, aussi injuste qu’il soit, se révélait être finalement une position individuelle de passivité et de facilité. D’autant plus qu’au fond de moi je déplorais fréquemment de ne pas voir la gauche « anti-libérale » s’allier sur un projet commun.

En adhérant au Parti de Gauche j’ai avant tout adhéré à une démarche collective novatrice venant faire taire des années d’émiettement : celle du Front de Gauche, avec comme idée sous-jacente que le parti n’est qu’un instrument au service d’un objectif politique global : construire la Révolution citoyenne. Considérer le parti comme un simple outil nous permet de faire taire les critiques qui considèrent les femmes et les hommes politiques au services d’abord de leurs intérêts, puis de leurs intérêts de « chapèle », puis enfin, s’il reste un peu de temps libre, au service de l’intérêt général. C’est aussi pour cette raison que le Parti de Gauche n’est pas un parti de notables ou de « bon » gestionnaires comme peut l’être le Parti socialiste, mais un parti de militants mettant en avant l’action collective sur le terrain et la réflexion programmatique constante. Dans cette conception, les élus du PG sont des militants « comme les autres » à l’exception près qu’ils ont une responsabilité particulière : celle de faire « la gauche par exemple », c’est à dire démontrer qu’il est possible de faire, à n’importe quelle échelle d’intervention, différemment de ce qui est appliqué par les libéraux et les socio-libéraux.

L’aspect du Parti de Gauche qui a été pour moi déterminant dans mon adhésion et celui de la centralité de l’éducation populaire. Face à la puissance médiatique de « l’idéologie dominante » libérale il ne suffit pas de lancer des slogans creux, écrits par des agences de communication, qui de toutes façons ne trouvent jamais de traduction concrètes (le « changement » ne viendra finalement pas), mais de chercher sans cesse à élever le niveau de conscience collective. Et avec le temps, je me rend compte que je ne me suis pas trompé : il suffisait de voir comment Jean-Luc Mélenchon cherchait à démontrer et expliquer dans les meetings de campagne de l’élection présidentielle, sans jamais tomber dans la facilité ou la caricature. Cette démarche de « conscientisation des masses » est primordiale et c’est pour cela que, nous, militant de l’autre gauche, nous devons veiller à partager le même langage, les mêmes références, afin de faire contrepoids au discours libéral. Or adhérer à un parti politique comme le Parti de Gauche permet cette cohérence de langage.

De plus, si j’ai décidé d’adhérer au Parti de Gauche plutôt qu’à une autre organisation membre du Front de Gauche, c’est pour sa conception républicaine intransigeante : intransigeante sur les libertés fondamentales des femmes et des hommes, intransigeantes sur l’égalité car il est inacceptables de voir les écarts de richesses se creuser à mesure que le pays devient plus riche, et enfin intransigeante sur la laïcité, fondement de notre capacité de libre arbitre. En mettant en avant l’intérêt général humain la conception républicaine du Parti de Gauche est profondément écologiste et socialiste. Les militants, venus de nombreux horizons politiques, qui nous rejoignent chaque jour contribuent à cette diversité de pensées qui finie par former ce que l’on nomme un « parti creuset ». Car appartenir à un parti politique comme le PG c’est aussi appartenir à un collectif divers mais solidaire, avec des camarades qui deviennent des amis, des amis qui deviennent des camarades, et des individus qui pensent à l’intérêt général avant de penser à leur carrière. Sinon a quoi bon lutter contre les requins de la finance si c’est pour retrouver des requins dans son parti politique ?


La gauche unie contre le traité austéritaire

La manifestation de dimanche dernier est une réussite à bien des égards. Par le nombre important de participants (plus de 80000 !) et par la variété des organisations présentes, les forces sociales du pays ont montré qu’elles sont capables de se mobiliser sous un gouvernement dit « de gauche ». Cela traduit une prise de conscience des travailleurs qu’il ne doivent rien attendre des socio-libéraux en matière de « changement » d’orientation politique, après dix années où la droite était au pouvoir. Mais réussite également au regard de la complexité du texte du TSCG (Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance) et des enjeux économiques qu’il entraine. En se mobilisant contre le traité, et en faveur d’un référendum, le peuple montre sa maturité à prendre le pouvoir, à décider de son avenir, et même si cela doit court-circuiter les plans des financiers et des technocrates européens.

La réussite de la manifestation témoigne également de la position de diviseur de la gauche dans laquelle se situe le Parti dit « socialiste ». Alors qu’une grande partie des syndicats de travailleurs et des associations « classées à gauche », étaient présents ce dimanche, alors que le conseil fédéral d’Europe Ecologie – les Verts a voté à plus de 70% contre le traité,  et alors que globalement le peuple français fait savoir son opposition aux mesures d’austérités et à la perte de souveraineté nationale, le PS s’obstine dans son coup de force anti-démocratique. Or, si ce dernier est convaincu d’avoir le soutien populaire, pourquoi ne propose t-il pas un référendum ?

Le PS fait donc une grave erreur de stratégie car contrairement à la droite, qui est par nature réactionnaire, la gauche qui se veut progressiste doit lutter sans cesse pour imposer ses idées novatrices.  C’est ce que l’intellectuel marxiste italien Antonio Gramsci nomme guerres de mouvement et de position. La « guerre de mouvement » correspond à la mobilisation constante du peuple pour ses intérêts, et la « guerre de position » correspond au travail d’éducation idéologique de fond, celui qui fait germer les idées révolutionnaires à l’intérieur de la société. Or le parti dit « socialiste » ne fait aujourd’hui ni l’un ni l’autre : il donne raison idéologiquement à la droite en reprenant ses discours sur la compétitivité, la dette publique … en cherchant à étouffer tout mouvement populaire plutôt que de s’appuyer dessus.

Or, le plus gros risque est que cette situation, où le gouvernement dit « socialiste » approuve le traité « Merkel/Sarkozy » au mot près, profite à la droite.  Car contrairement au PS qui reste figé dans les contradictions du social-libéralisme, la droite et l’extrême droite (les frontières devenant de plus en plus poreuses) cherchent à montrer qu’elles évoluent. Si le fond reste le même, un changement de décor est mis en place pour paraître plus présentable (l’Association « Bleu Marine » mise en avant du Front National » et Nicolas Dupont-Aignan voulant « dialoguer avec le FN » par exemple), notamment aux yeux des médias qui ne se privent pas de relayer cette propagande.

Pour ne pas que les erreurs politiques du gouvernement profitent à la droite et desservent l’ensemble de la gauche, il est impératif que nous soyons  présents comme jamais, et sur tous les fronts. Nous sommes une force de résistance qui a besoin sans cesse de lutter pour exister : lutter contre la droite et l’extrême droite qui cherchent à ramener la société à l’époque de l’ancien régime, mais également contre les socio-libéraux qui appliquent la même politique que la droite dans bien des domaines, et rechigne à entrer dans le combat avec la finance généralisée et les patrons voyous. Comme nous l’avons montré lors de la manifestation de dimanche, nous sommes nombreux et organisés et, le plus important à mes yeux, nous avons des solutions pour sortir de la crise économique, écologique et sociale. Ne baissons pas les bras et continuons à lutter et militer, l’avenir nous donnera raison.

 


La Révolution citoyenne en réponse au mépris du peuple

Elections après élections, nombreux sont les médias et acteurs de la vie politique à regretter les taux d’abstentions toujours plus élevés, ceux-ci étant le miroir du désintéressement politique des citoyens. Les raisons de ce désintéressement sont souvent liées au sentiment d’impuissance (conforté par les défenseurs de l’idéologie dominante) face aux politiques libérales contre lequel on ne « pourrait rien », ainsi qu’il est souvent difficile de s’impliquer politiquement lorsque le quotidien devient une lutte au jour le jour pour la survie, lot malheureux de plus en plus de nos concitoyens. Face à cette criante précarité les questions politiques, et notamment dans la manière dont elles sont traitées, semblent de plus en plus éloignées du vécu direct du peuple.

Le TSCG (Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance), nouveau traité européen, aussi appelé Pacte budgétaire, est l’archétype de cette situation. Ce texte juridique « imbuvable » pour les non initiés au langage technocratique, semble complètement abstrait pour de nombreux citoyens qui n’arrivent pas à en mesurer la portée directe. Il faut dire que ni les « journalistes », ne faisant aucun travail réel de lecture et d’explication, ni le gouvernement social-libéral, cherchant chaque jour à en minimiser les conséquences (par exemple Cécile Duflot sur France Inter le 18 septembre 2012), n’ « aide » le peuple à s’y retrouver et à agir en pleine conscience. Pire, certain(e)s mentent effrontément en nous faisant croire qu’il est une condition à la survie de l’Europe ou de la monnaie unique.

Or s’il peut paraître éloignée des préoccupations quotidiennes des populations toujours plus touchées par la précarité, le chômage et la pauvreté, il est à l’inverse à la fois la clé de voute et le symbole d’un système économique qui ne fonctionne pas et, pire, qui entraine l’Europe dans une crise écologique et sociale sans fin. En imposant une « règle d’or » via l’obligation pour les états membres de limiter les déficits publics à 0,5% du PIB (alors qu’aucun état de l’Union Européenne, y compris l’Allemagne, n’arrive aujourd’hui à respecter la limite de 3% fixée par le traité de Maastricht), on empêche toute politique de relance de l’économie en la contractant, et on bloque finalement les investissements futurs. Comment répondre aux enjeux écologiques demandant une réorientation de l’économie vers une production soutenable, une politique efficace de recherche en matière d’énergie renouvelable et d’économie d’énergie … et aux enjeux sociaux tels que la lutte contre le chômage, la relocalisation de l’activité et la ré-industrialisation de l’économie, si les moyens financiers ne sont pas disponibles pour le faire. La règle d’or a donc des conséquences directes sur les conditions de vie actuelles et futures. Les déficits publics ne sont qu’un outil économique au service des humains et non pas un problème en soi. En revanche les taux d’intérêts toujours plus faramineux demandés par les banques aux états le sont !

Mais en plus d’être absurde économiquement, le TSCG est parfaitement anti-démocratique. Dans le but de « rassurer » les marchés financiers, le pacte budgétaire impose un contrôle de la part d’une « institution indépendante »  non élue, et par la Commission européenne de tous les budgets nationaux avant même le vote par leurs parlements respectifs. Or les commissaires européens, tous laudateurs de l’idéologie libérale, ne sont pas élus mais désignés par chaque état membre tandis que le Parlement européen, dont la représentation est issue du suffrage universel, n’a qu’un rôle d’observateur. Les avis des personnes désignées directement par le peuple ne compte pas, les citoyens perdent leur souveraineté politique. De plus, la manière dont le gouvernement français dit « socialiste » souhaite le faire appliquer dans le droit français témoigne d’un profond mépris pour le peuple, celui-là même qui a porté François Hollande et sa majorité au pouvoir. Alors que le candidat devenu Président promettait de le renégocier, c’est le traité Merkel-Sarkozy (deux noms qui resteront assurément dans l’histoire de l’Europe pour avoir fait triompher l’idéologie réactionnaire antisociale) qui est prévu d’être appliqué, au mot près, par les parlementaires dit « socialistes ». Or François Hollande a été élu en promettant de renégocier le trait. Ne l’ayant pas fait, il n’a aucune légitimité populaire pour l’appliquer.

Comment les socio-libéraux peuvent ils encore se lamenter de la faible participation aux élections quand ce sont les premiers à mépriser les citoyens ? A l’inverse, le camp progressiste, dont le Front de Gauche a toute sa place, n’a pas peur du suffrage populaire. C’est pour cette raison que nous appelons l’ensemble des citoyens à se mobiliser en faveur d’un référendum à ce sujet. Nous ne considérons pas les citoyens comme de simples électeurs, comme des consommateurs de produits électoraux que l’on tenterait de séduire à chaque élection, à coup de phrases chocs et de slogans, mais avons comme but premier la participation de toutes et tous à la vie de la cité. Il ne s’agit pas uniquement d’exprimer un désaccord avec une politique libérale qui ruine l’Europe, détruit la planète et exacerbe les tensions nationalistes, mais de redonner une substance à la démocratie et aux valeurs de la République. « Prenez le pouvoir » n’était pas seulement un slogan de campagne, mais demeure une orientation politique : celle de la Révolution citoyenne et de la 6ème République, écologique et sociale, qu’elle doit faire naitre. La grande manifestation du 30 septembre 2012 se doit d’être une réussite car, mettant de coté nos différences, nous devons montrer l’unité du peuple de gauche en faveur du respect de la souveraineté populaire.