De l’Ecosocialisme à la 6ème République, cohérence et prise de conscience

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Entre le premier tour de l’élection présidentielle de l’année dernière et aujourd’hui, l’enchainement des évènements semble avoir “changé de braquet”. Les analyses du Front de Gauche quant à l’écroulement du Monde politique ancient, des “grands partis de gouvernement”, semblent plus que jamais d’actualités sous le coup des “affaires” qui n’ont rien de “personnelles” mais qui relèvent au contraire d’un système oligarchique bien huilé. Ce système de collusions entre les milieux d’affaires, politiques et médiatiques, s’étendant du FN au PS, témoigne jour après jour de sa pourriture intrinsèque. Mais malheureusement, face à ce déferlement de corruption et d’autoritarisme (les instances de l’Union Européenne en “chef de file”), les citoyen-ne-s ont bien du mal à saisir leur colère pour la transformer en débouché politique concret.

Or si l’extrême droite peut paraître “séduisante” car fidèle à son discours de rejet de l’UMP et du PS, son implication directe dans “l’affaire Cahuzac” la discrédite totalement (sans parler bien évidemment de l’absurdité de son programme anti-étrangers aussi inefficace pour l’intérêt général que coûteux pour les finances publiques). Plus que jamais le combat contre les idées du FN est nécessaire, ne le laissons pas profiter, sur une somme de mensonges, de ce climat et soyons présents avec notre bonne humeur !

Les campagnes présidentielle et législatives ont été marquées par une cohérence sans faille du programme du Front de Gauche. Des associations de France Nature Environnement à la Fondation Abbé Pierre, celle-ci fut d’ailleurs remarquée et saluée. Alors que nos adversaires et concurrents refusent de s’appuyer sur des bases programmatiques claires et définies, laissant au tout un chacun la liberté de choisir les mesures qui l’intéresse, quitte à dire tout et son contraire au cours d’une même semaine (Par exemple : “mon ennemi c’est la finance” au Bourget et “i’m not dangerous” à la City). Au Parti de Gauche et au Front de Gauche nous ne cherchons pas à plaire à tout le monde car nous savons que les classes sociales ont des intérêts antagonistes. Nous ne considérons pas le MEDEF comme un “partenaire social” des travailleurs  car le MEDEF ne partage pas les mêmes objectifs que ces derniers. Nous cherchons autant que possible (dans le respect des tendances de la dizaine d’organisations du Front de Gauche) de définir une ligne politique claire et clivante pour faire émerger la prise de conscience du conflit.

Cette ligne politique, notre idéologie, c’est l’écosocialisme. Mais n’y voyez aucune rigidité ni aucun dogmatisme aveugle. Nous ne sommes pas des “curés rouges (et verts)” car nous cherchons continuellement à faire évoluer cette idéologie par des exemples concrets et des réflexions théoriques issues d’horizons divers. Cette construction idéologique a officiellement commencée le 1er décembre 2012 avec les Assises nationale pour l’écosocialisme à Paris et se poursuit localement aux quatre coins de la France mais également à l’étranger. Le Parti de Gauche de l’Essonne (dont je fais parti) organise par exemple ses propres assises locales à Viry-Châtillon le samedi 20 décembre à partir de 9h30. Alors que l’héritage du socialisme apparaît de plus en plus comme une contrainte à certains représentants de Solférino (le Président de la République n’a t-il pas affirmé devant les français-e-s ne pas être un Président socialiste ?), nous revendiquons, au contraire, et haut et fort l’héritage. Nous reprenons les principes, les valeurs, les symboles et rendons hommages à ses dignes représentants, qu’ils s’appellent Maximilien Robespierre, Jean Jaurès ou Hugo Chavez.

L’idéologie écosocialiste, porteuse de nouvelles façons de concevoir le partage et l’exercice du pouvoir politique, ne peut s’appliquer dans les cadres tantôt oligarchiques, tantôt monarchiques de la 5ème République. Plus que d’une mesure de dépoussiérage la Nation a besoin du renouveau qui fera naître l’espoir et la confiance dans l’action collective. Tandis que l’écosocialisme définit le mode de production, la Révolution citoyenne est la méthode d’action, c’est à dire la façon de faire. La Marche du 5 mai 2013 pour la 6ème République, à laquelle de nombreuses personnalités et organisations politiques appellent à participer, doit (et serra) un acte important de la Révolution citoyenne, comme l’ont été les rassemblements à la Bastille, au Capitole et au Prado l’année dernière.

Avec l’écosocialisme et la Révolution citoyenne nous avons à la fois un contenu idéologique fort, identifiable et reconnu, et une stratégie de prise du pouvoir qui repose sur la conscientisation (par la confrontation des idées, quitte à parler cru et dru) et la mise en mouvement des classes populaires. La tache ne sera pas facile mais elle a le mérite d’être motivante !

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Un ANI et des ennemis

MIM

La classe médiatique imbue d’elle même a le mérite d’être efficace, à peine le MEDEF avait fini de rédiger ce qui servira de base à « l’accord national interprofessionnel » (ANI) qu’elle le défendait becs et ongles comme étant LA grande avancée du quinquennat solférinien, celle qui redonne « de la stature » à un président de la République au plus bas dans les enquêtes d’opinion. Cette position de la part des éditocrates, accrochés au privilège de pouvoir déjeuner avec les puissants, ne peut pas nous étonner car nous commençons à multiplier les preuves de leur haine antisociale et de leur dégout du peuple et des travailleurs. Taper sur ceux qui relèvent la tête et sur les syndicats qui se mobilisent est leur fond de commerce, fond de commerce partagé avec les (socio)libéraux et le Front national. Face à cette déferlante de pensée unique quelques journaux et médias d’information tels que l’Humanité, Politis ou Médiapart, continuent bien difficilement à informer les citoyens plutôt que défendre les intérêts du grand patronat et de la finance.

Mais le soutien le plus « étonnant » (quoique plus grand chose nous étonne de leur part) à cet « accord » est celui du PS et du gouvernement. Alors qu’il y a un an, dans l’opposition, le parti solférinien critiquait les accords dits « compétitivité emploi » que Sarkozy souhaitait mettre en place, les voilà soutenir presque unanimement un accord dont la substance reste quasi-identique. Voyez par vous-même : l’ANI légalise le chantage à l’emploi en permettant au travailleur d’accepter une hausse du temps de travail ou une baisse de salaire sous peine d’un licenciement sans droits (article 18), il prévoit pour l’employeur l’imposition d’une « mobilité forcée » à son salarié sans limite de distance (article 15) et il réduit les délais d’action en justice des salariés pour défendre ses droits (article 26). A coté de ces contraintes les quelques mesures dite « favorables » aux travailleurs sont bien maigres : l’obligation de souscrire à une complémentaire santé privée (les grands groupes d’assureurs sont ravis), l’encadrement du temps partiel subi dont les nombreuses dérogations vide la mesure de sa substance et les droits « rechargeables » à l’assurance chômage qui ne seront accordés qu’à condition de « ne pas aggraver le déséquilibre financier de l’assurance chômage » (sic). Enfin, la grande avancée sociale que devait être la taxation des contrats courts, qui concernera au final moins de 30% des CDD, se retrouve être un cadeau au patronat qui verra, « en contrepartie », ses cotisations sociales baisser pour les embauches en CDI de jeunes de moins de 26 ans.

Le PS a beau se cacher derrière le fait qu’il s’agisse d’un accord professionnel, en ne présentant pas de projet de loi alternatif, il a lancé volontairement les travailleurs dans la cage au lion du MEDEF. Laurence Parisot et son association de dépeceurs du peuple ne s’y trompent pas, elle exige « que le Sénat et  l’Assemblée nationale respectent à la lettre ce texte ». Cette position est d’ailleurs partagée à droite par l’ensemble de l’UMP et notamment par Jean-François Copé. Or il est nécessaire de rappeler que cet accord, s’il est accepté par la majorité des organisations représentatives des employeurs, est rejeté par la majorité des travailleurs et par ses deux plus grandes centrales syndicales la CGT et FO, qui ressortent encore renforcées des dernières élections professionnelles, mais aussi par d’autres organisations comme Sud-Solidaire et la FSU, et des associations comme ATTAC. Et à l’intérieur même des organisations signataire de l’accord MEDEF, en particulier à la CFDT, les adhérents à « la base » ressentent comme une trahison les courbettes de leurs dirigeants face au patronat.

Au lieu d’œuvrer pour l’amélioration des conditions de travail et de vie du peuple, le PS et le gouvernement se retrouvent encore une fois du mauvais côté, du côté des cyniques, des égoïstes et des profits à court terme qui broient des vies et des familles. Loin de moi l’idée de remettre en question la sincérité de l’ancrage à gauche de certains de mes amis militants au PS, mais comment ne pas voir dans leur inaction une forme de complicité à la casse sociale menée par les forces réactionnaires ? Comment interpréter la forme avancée de schizophrénie qui fait dire à ces militants qu’ils sont du côté des travailleurs tandis que leur parti « se félicite » de cet accord en affirmant dans un communiqué que les « entreprises pourront mieux anticiper les mutations de l’économie ». Cette position est intenable car elle est hypocrite, le PS choisi le camp du capital et de la finance, celui qui fait tirer sur des manifestants et expulse des milliers de sans papiers, choisissez le votre ou vous finirez par, vous aussi, être tenu responsable de ça. Manifestons tous ensemble le 5 mars 2013 à l’appel des syndicats et des forces politiques progressistes et montrons que la gauche, à la différence du gouvernement, ne baisse pas les yeux devant le MEDEF.


La réaction en ordre de marche

26122012-10

La traditionnelle bataille de chiffres entre la préfecture de Police et les organisateurs de la manifestation de dimanche ne doivent pas nous masquer un enseignement important de cette dernière. Bien qu’il serait naturel pour toute personne progressiste de sous-estimer la portée d’une mobilisation comme celle-ci, d’autant plus que le gouvernement s’est promis de rester intransigeant sur ce sujet annonçant « qu’aucun compromis n’est possible face au projet de loi », organiser marches et rassemblements de plus de 300000 personnes (méfions nous des individus comme Jean-François Copé qui arriveraient à faire tenir plus de 10 personnes au m2 sur la place de la Concorde) relève d’un travail tout particulier, travail qui prouve que les forces réactionnaires sont en ordre de marche.

Le caractère dit « apolitique » de la manifestation est, au mieux une preuve d’une crédulité à peine croyable, au pire une sournoiserie manipulatrice et grossière des différentes forces de droite. Des catholiques intégristes en croisade contre « l’homofolie » (sic), des partisans du Front national qui témoignent de leur vrai visage antisocial et anti-égalitaire, du Bloc identitaire et de divers groupuscules d’extrême droite, jusqu’aux militants et élus UMP avec, à la tête de l’organisation Jean-François Copé et ses pains au chocolat ; les différentes tendances réactionnaires ont trouvé un cheval commun de bataille. Ne tombons pas dans le piège et soyons conscient de qui nous avons à faire, à la droite la plus dure. La figure de Frigide Barjot (Virginie Merle), présentée comme « moderne » ou comme une « catho décomplexée » par la classe médiatique, n’est pas moins que les autres une militante politique. Il n’est d’ailleurs pas anodin que son mari, Basile de Koch, fut un membre du Club de l’Horloge (club de « réflexion » d’extrême droite qui a notamment théorisé le concept de « préférence nationale ») et assistant de Charles Pasqua. Cette manifestation réalise en quelque sorte un des principes fondateurs du club de l’horloge, celui de réaliser « l’union des droites ».

Le choix d’un sujet dit « de société » au lieu d’un sujet « social » pour mobiliser son camp n’est pas non plus fruit du hasard. L’égalité des droits civils est souvent mère de l’égalité des droits sociaux, et ça la « droite rassemblée » n’en veut pas. Il est frappant de regarder des affiches de la première moitié du 20ème siècle appelant à refuser le droit des votes des femmes, pour ne pas déstabiliser un ordre social et familial ancestral, et constater les similitudes avec les arguments utilisés aujourd’hui. Alors que, pour ces derniers, le libéralisme économique apparaît comme un horizon indépassable, comme une « loi de la nature », le libéralisme culturel est présenté comme une dérive, comme un symbole de la décadence des sociétés modernes. Serge Dassault, sénateur UMP de l’Essonne et propriétaire du Figaro, n’a t-il pas prophétisée, en novembre 2012, la disparition de la société si nous avions « un pays d’homos » ? La présence d’un cortège du Front national dans une manifestation « contre » une mesure égalitaire est un marqueur tangible de l’absence d’un quelconque  « tournant social » que les médias voudraient nous vendre. Car pendant ce temps, rappelons que personne à droite ne remet en cause l’austérité et ses conséquences sociales sur l’ensemble des citoyen-ne-s. De la même manière, la tolérance des « prières de rues » dont nous avons tous vu les images, montre que pour les partisans de droite l’offense à la laïcité est à géométrie variable.

Ne prenons pas cette mobilisation à la légère. Les forces réactionnaires nous prouvent qu’elles sont capables de se rassembler et de se mettre en marche. Loin de l’image idyllique que l’on a pu voir à la télévision de « la petite famille », pleine de fraternité et de bons sentiments pour défendre un modèle familial, qui n’hésite pas à ouvrir ses portes et à héberger d’autres manifestants, les têtes pensantes de la mobilisation sont des militant-e-s de longue date, prêts à bondir sur la moindre faiblesse. Il est particulièrement mal venu, dans notre camp, de critiquer à ces personnes le droit de manifester un désaccord dans la rue ou ailleurs, tant nous en avons recours quand nous estimons que le combat doit passer par cet outil (nous étions par ailleurs au moins 6 fois plus nombreux lors des grandes manifestations contre la réforme des retraites de François Fillon en 2010).  Mais cette mouvance réactionnaire ne doit pas gagner sans résistance.  Alors que le gouvernement et le Parti socialiste semblent encore une fois fuir leurs responsabilités même sur des sujets « sociétaux » (nous n’attendons malheureusement plus rien de lui, et depuis  bien longtemps, sur le social), notamment avec l’éviction de la Procréation Médicalement Assistée du texte du projet de loi sur le mariage pour tous, le Front de Gauche n’hésitera pas à mener le combat politique. La lutte pour le mariage pour tous est plus qu’une bataille pour la nuptialité, c’est une bataille pour l’émancipation, pour l’égalité, pour la laïcité et contre l’homophobie encore trop tolérée par les pouvoirs publics.

Nous serons dans la rue, plus nombreux que les réactionnaires de tout bords, le 27 janvier 2013, pour exiger l’égalité des droits et montrer notre détermination. Faisons barrage aux obscurantistes qui, de l’opposition à l’abolition de l’esclavage à celle contre l’interruption volontaire de grossesse, se sont toujours battus contre les idéaux progressistes des philosophes des lumières, principes fondateurs de notre République.


La gauche unie contre le traité austéritaire

La manifestation de dimanche dernier est une réussite à bien des égards. Par le nombre important de participants (plus de 80000 !) et par la variété des organisations présentes, les forces sociales du pays ont montré qu’elles sont capables de se mobiliser sous un gouvernement dit « de gauche ». Cela traduit une prise de conscience des travailleurs qu’il ne doivent rien attendre des socio-libéraux en matière de « changement » d’orientation politique, après dix années où la droite était au pouvoir. Mais réussite également au regard de la complexité du texte du TSCG (Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance) et des enjeux économiques qu’il entraine. En se mobilisant contre le traité, et en faveur d’un référendum, le peuple montre sa maturité à prendre le pouvoir, à décider de son avenir, et même si cela doit court-circuiter les plans des financiers et des technocrates européens.

La réussite de la manifestation témoigne également de la position de diviseur de la gauche dans laquelle se situe le Parti dit « socialiste ». Alors qu’une grande partie des syndicats de travailleurs et des associations « classées à gauche », étaient présents ce dimanche, alors que le conseil fédéral d’Europe Ecologie – les Verts a voté à plus de 70% contre le traité,  et alors que globalement le peuple français fait savoir son opposition aux mesures d’austérités et à la perte de souveraineté nationale, le PS s’obstine dans son coup de force anti-démocratique. Or, si ce dernier est convaincu d’avoir le soutien populaire, pourquoi ne propose t-il pas un référendum ?

Le PS fait donc une grave erreur de stratégie car contrairement à la droite, qui est par nature réactionnaire, la gauche qui se veut progressiste doit lutter sans cesse pour imposer ses idées novatrices.  C’est ce que l’intellectuel marxiste italien Antonio Gramsci nomme guerres de mouvement et de position. La « guerre de mouvement » correspond à la mobilisation constante du peuple pour ses intérêts, et la « guerre de position » correspond au travail d’éducation idéologique de fond, celui qui fait germer les idées révolutionnaires à l’intérieur de la société. Or le parti dit « socialiste » ne fait aujourd’hui ni l’un ni l’autre : il donne raison idéologiquement à la droite en reprenant ses discours sur la compétitivité, la dette publique … en cherchant à étouffer tout mouvement populaire plutôt que de s’appuyer dessus.

Or, le plus gros risque est que cette situation, où le gouvernement dit « socialiste » approuve le traité « Merkel/Sarkozy » au mot près, profite à la droite.  Car contrairement au PS qui reste figé dans les contradictions du social-libéralisme, la droite et l’extrême droite (les frontières devenant de plus en plus poreuses) cherchent à montrer qu’elles évoluent. Si le fond reste le même, un changement de décor est mis en place pour paraître plus présentable (l’Association « Bleu Marine » mise en avant du Front National » et Nicolas Dupont-Aignan voulant « dialoguer avec le FN » par exemple), notamment aux yeux des médias qui ne se privent pas de relayer cette propagande.

Pour ne pas que les erreurs politiques du gouvernement profitent à la droite et desservent l’ensemble de la gauche, il est impératif que nous soyons  présents comme jamais, et sur tous les fronts. Nous sommes une force de résistance qui a besoin sans cesse de lutter pour exister : lutter contre la droite et l’extrême droite qui cherchent à ramener la société à l’époque de l’ancien régime, mais également contre les socio-libéraux qui appliquent la même politique que la droite dans bien des domaines, et rechigne à entrer dans le combat avec la finance généralisée et les patrons voyous. Comme nous l’avons montré lors de la manifestation de dimanche, nous sommes nombreux et organisés et, le plus important à mes yeux, nous avons des solutions pour sortir de la crise économique, écologique et sociale. Ne baissons pas les bras et continuons à lutter et militer, l’avenir nous donnera raison.

 


La Révolution citoyenne en réponse au mépris du peuple

Elections après élections, nombreux sont les médias et acteurs de la vie politique à regretter les taux d’abstentions toujours plus élevés, ceux-ci étant le miroir du désintéressement politique des citoyens. Les raisons de ce désintéressement sont souvent liées au sentiment d’impuissance (conforté par les défenseurs de l’idéologie dominante) face aux politiques libérales contre lequel on ne « pourrait rien », ainsi qu’il est souvent difficile de s’impliquer politiquement lorsque le quotidien devient une lutte au jour le jour pour la survie, lot malheureux de plus en plus de nos concitoyens. Face à cette criante précarité les questions politiques, et notamment dans la manière dont elles sont traitées, semblent de plus en plus éloignées du vécu direct du peuple.

Le TSCG (Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance), nouveau traité européen, aussi appelé Pacte budgétaire, est l’archétype de cette situation. Ce texte juridique « imbuvable » pour les non initiés au langage technocratique, semble complètement abstrait pour de nombreux citoyens qui n’arrivent pas à en mesurer la portée directe. Il faut dire que ni les « journalistes », ne faisant aucun travail réel de lecture et d’explication, ni le gouvernement social-libéral, cherchant chaque jour à en minimiser les conséquences (par exemple Cécile Duflot sur France Inter le 18 septembre 2012), n’ « aide » le peuple à s’y retrouver et à agir en pleine conscience. Pire, certain(e)s mentent effrontément en nous faisant croire qu’il est une condition à la survie de l’Europe ou de la monnaie unique.

Or s’il peut paraître éloignée des préoccupations quotidiennes des populations toujours plus touchées par la précarité, le chômage et la pauvreté, il est à l’inverse à la fois la clé de voute et le symbole d’un système économique qui ne fonctionne pas et, pire, qui entraine l’Europe dans une crise écologique et sociale sans fin. En imposant une « règle d’or » via l’obligation pour les états membres de limiter les déficits publics à 0,5% du PIB (alors qu’aucun état de l’Union Européenne, y compris l’Allemagne, n’arrive aujourd’hui à respecter la limite de 3% fixée par le traité de Maastricht), on empêche toute politique de relance de l’économie en la contractant, et on bloque finalement les investissements futurs. Comment répondre aux enjeux écologiques demandant une réorientation de l’économie vers une production soutenable, une politique efficace de recherche en matière d’énergie renouvelable et d’économie d’énergie … et aux enjeux sociaux tels que la lutte contre le chômage, la relocalisation de l’activité et la ré-industrialisation de l’économie, si les moyens financiers ne sont pas disponibles pour le faire. La règle d’or a donc des conséquences directes sur les conditions de vie actuelles et futures. Les déficits publics ne sont qu’un outil économique au service des humains et non pas un problème en soi. En revanche les taux d’intérêts toujours plus faramineux demandés par les banques aux états le sont !

Mais en plus d’être absurde économiquement, le TSCG est parfaitement anti-démocratique. Dans le but de « rassurer » les marchés financiers, le pacte budgétaire impose un contrôle de la part d’une « institution indépendante »  non élue, et par la Commission européenne de tous les budgets nationaux avant même le vote par leurs parlements respectifs. Or les commissaires européens, tous laudateurs de l’idéologie libérale, ne sont pas élus mais désignés par chaque état membre tandis que le Parlement européen, dont la représentation est issue du suffrage universel, n’a qu’un rôle d’observateur. Les avis des personnes désignées directement par le peuple ne compte pas, les citoyens perdent leur souveraineté politique. De plus, la manière dont le gouvernement français dit « socialiste » souhaite le faire appliquer dans le droit français témoigne d’un profond mépris pour le peuple, celui-là même qui a porté François Hollande et sa majorité au pouvoir. Alors que le candidat devenu Président promettait de le renégocier, c’est le traité Merkel-Sarkozy (deux noms qui resteront assurément dans l’histoire de l’Europe pour avoir fait triompher l’idéologie réactionnaire antisociale) qui est prévu d’être appliqué, au mot près, par les parlementaires dit « socialistes ». Or François Hollande a été élu en promettant de renégocier le trait. Ne l’ayant pas fait, il n’a aucune légitimité populaire pour l’appliquer.

Comment les socio-libéraux peuvent ils encore se lamenter de la faible participation aux élections quand ce sont les premiers à mépriser les citoyens ? A l’inverse, le camp progressiste, dont le Front de Gauche a toute sa place, n’a pas peur du suffrage populaire. C’est pour cette raison que nous appelons l’ensemble des citoyens à se mobiliser en faveur d’un référendum à ce sujet. Nous ne considérons pas les citoyens comme de simples électeurs, comme des consommateurs de produits électoraux que l’on tenterait de séduire à chaque élection, à coup de phrases chocs et de slogans, mais avons comme but premier la participation de toutes et tous à la vie de la cité. Il ne s’agit pas uniquement d’exprimer un désaccord avec une politique libérale qui ruine l’Europe, détruit la planète et exacerbe les tensions nationalistes, mais de redonner une substance à la démocratie et aux valeurs de la République. « Prenez le pouvoir » n’était pas seulement un slogan de campagne, mais demeure une orientation politique : celle de la Révolution citoyenne et de la 6ème République, écologique et sociale, qu’elle doit faire naitre. La grande manifestation du 30 septembre 2012 se doit d’être une réussite car, mettant de coté nos différences, nous devons montrer l’unité du peuple de gauche en faveur du respect de la souveraineté populaire.


1er mai, les yeux dans le point fixe du Front de Gauche

Manifestation sociale parisienne du 1er mai où personne n’a baissé le drapeau rouge !


Pourquoi je vais manifester aujourd’hui

Vous le savez surement si vous êtes lecteur assidu de l’actualité politique mais l’Assemblée Nationale s’est prononcée en faveur du traité instituant le Mécanisme Européen de Stabilité (et non de Solidarité comme certains hypocrites se plaisent à dire) mardi 21 février. La chose étonnante n’est pas que l’Assemblée, majoritairement à droite se soit prononcé en faveur d’un traité écrit par Sarkozy mais que le Parti socialiste se soit, mis à part quelques courageux, abstenus. Ils appellent ça cyniquement « l’abstention  offensive ». Et c’est malheureusement le même raisonnement qu’ils ont mis en œuvre lors du vote au Sénat hier. C’est à se demander à quoi sert d’avoir dans cette instance une majorité « de gauche » si c’est pour valider les mesures antisociales de la droite (pourtant minoritaire dans ce cas). Face à des mesures aussi importantes que celle-ci, ce ne sont pas des décisions qui doivent être prises en « catimini » mais qui doivent faire l’objet d’une véritable consultation populaire. Alors qu’ils nous font croire qu’ils veulent combattre la finance, les socialistes fuient devant leurs responsabilités lorsqu’il s’agit de s’opposer à un traité qui revient à constitutionnaliser la soumission aux marchés financiers. Ce que prévoit le MES n’est rien d’autre, en effet, qu’une mise en place constante de politique d’austérité au niveau européen et les socio-libéraux semblent plutôt à l’aise vis à vis de cette situation.

Or mon engagement au Front de gauche (via le Parti de gauche) est né d’une volonté de voir se mettre en place une politique radicalement différente de celle de la droite.  C’est contre un discours empli de fatalisme que j’ai décidé de m’engager au coté des forces progressistes. La manifestation d’aujourd’hui aux cotés du Front de gauche et des principaux syndicats de salariés est une manière de montrer qu’il faut combattre la résignation. Face à un Parti socialiste qui se « droitise » (notamment avec un candidat qui se réclame de l’ex chancelier allemand Gerhard Schröder et de l’ex Premier ministre anglais Tony Blair qui ont tous deux participés à la libéralisation de leurs pays respectifs), nous n’avons plus que jamais besoin d’une force sociale et syndicale qui descend dans la rue et se met en grève pour défendre l’intérêt général contre les intérêts particuliers de quelques privilégiés.

Si les politiques d’austérité misent en place en France par la droite sont une catastrophe pour l’ensemble des citoyens, celles qui ont été mises en place par les « socialistes » dans les autres pays européens, comme en Espagne, au Portugal ou en Grèce, sont du même acabit. Dans tous les cas, il ne s’agit pas de faire payer les plus riches mais les plus pauvres (notamment en France avec la hausse de la TVA, impôt indirect qui touche d’avantage ceux qui consomment plus qu’ils n’épargnent) mais surtout réduire les dépenses publiques. Le refus obstinés par François Hollande de revenir sur la politique de casse du service public mise en place depuis 10 ans par la droite montre l’étendu de la lutte qu’il nous restera à mener si celui-ci est élu président de la République.

Enfin c’est aussi le caractère européen de cette journée d’action qui est important dans la situation politique actuelle. Alors qu’il est souvent reproché au Front de gauche de vouloir mettre en place une politique « dans son coin », c’est à dire en ne prenant pas en compte les pays européens voisins, cette unité européenne dans la lutte nous montre à l’inverse qu’il y a un rejet partagé des politiques austéritaires imposées par les instances libérales européennes. Cela signifie que nous avons la possibilité, voire la nécessité, avec le Front de gauche de montrer la voie d’un autre chemin possible en Europe. En effet, il suffit d’un exemple concret, et encore plus venu d’un pays aussi important que la France, pour ouvrir une brèche dans l’idéologie libérale et faire écrouler les certitudes.

Nous aurons, dans à peine deux mois, la possibilité de sortir de la crise « par le haut ». Il faut pour cela refuser coute que coute toute politique d’austérité qui nous conduira dans la même situation que la Grèce, pays où l’on voit réapparaitre la famine et où le nombre de suicide a progressé de plus de 40% en très peu de temps. Les luttes sociales comme celle d’aujourd’hui doivent trouver un débouché politique or seul le Front de gauche propose une politique sociale et écologique à l’opposé de l’austérité prônée par la « bande des 4 » favoris. L’élection présidentielle apparaît donc comme un référendum à l’austérité où le seul bulletin « non » serait celui du Front de gauche et de son candidat Jean-Luc Mélenchon. J’espère sincèrement que les travailleur(se)s, les précaires, les chômeur(se)s, les retraité(e)s, les étudiant(e)s et inactif(ve)s ne se tromperont pas le 22 avril. La lutte pour le progrès social n’en sera que plus facile.