La tentation comptable

tumblr_mo4tl3RfYW1qed11lo1_1280

 Il y a une multitude de manières d’envisager les élections. Il y a des procédés légitimes car politiques : mesurer l’imprégnation d’idées dans la société, établir un rapport de force et prendre le pouvoir pour améliorer la vie quotidienne. Ceux-ci partent “de la base”, c’est à dire des citoyen-ne-s, et permettent d’élaborer une expression de l’intérêt général. A l’inverse il est possible d’envisager une élection d’un point de vue purement comptable et notabiliaire à des fins illégitimes car égoïstes. Que ce soit par “goût” individuel pour le pouvoir ou pour faire valoir des intérêts particuliers, tels que ceux d’un groupe social spécifique (les solfériniens s’obstinent par exemple à répondre aux intérêts du patronat) voire à une institution comme un parti politique (faire vivre la structure pour la structure), nous sommes dans ces cas là bien éloignés de la satisfaction de l’intérêt général qui disparait au profit d’une comptabilité de courte vue. Or c’est souvent par ce biais là que sont envisagées les élections locales et c’est notre responsabilité de citoyen et citoyenne de devoir s’opposer à tous ceux qui seraient tenté de succomber à cette tentation comptable.

La tentation comptable c’est être prêt à brader idéaux de gauche et lutte de classe pour son intérêt personnel. C’est faire alliance avec le “centre” (mais qui peut bien être encore crédule au point de ne pas voir que les soi-disant “centristes” ne sont que des mauvaises copies d’une droite modérée) comme l’envisage Anne Hidalgo, la candidate du PS, à Paris. C’est également noyer les valeurs républicaines dans des collectifs communautaristes pour s’attirer les votes des communautés religieuses, ethniques et culturelles, au détriment de l’unité de la République. Mais c’est aussi réaliser des tractations et compromis de couloirs et d’anti-chambres dorées biens loin du peuples souverains. Mais pour les militants du Front de gauche dont je me considère comme membre, la tentation comptable c’est de fermer les yeux sur ceux qui mènent aujourd’hui des politiques d’austérités et qui, délibérément et avec un cynisme fou, jettent des milliers de personnes au chômage et dans la misère, et envisager des alliances sur ces mêmes bases politiques austéritaires et anti-sociales.

Favoriser l’alliance avec des forces politiques austéritaires pour espérer grappiller quelques élus est d’abord une erreur politique. C’est une erreur car elle repose sur le système représentatif oligarchique, dont les “affaires” de corruption qui caractérisent celui-ci, le placent à la limite de l’implosion. Pour les forces progressistes il ne s’agit plus de vouloir encore une fois déposséder les citoyen-ne-s de leurs pouvoirs d’agir et de décider, mais de chercher à développer de nouvelles façons de faire faire au peuple de la politique concrète. Pour cela, il faut bannir toute tendance à considérer les élections comme des “marchés d’électeurs et d’électrices”, où chaque parti politique mettrait à disposition d’une alliance son électorat (forcément figé), mais comme un processus en perpétuelle mutation. Cette situation est la conséquence directe d’un affaiblissement des clivages traditionnels entre la gauche et la droite (aidé par la droitisation vulgaire du PS) où une grande partie des électeur-trice-s ne se reconnaissent plus dans leur représentation. Plutôt que des arrangements de couloirs, privilégions donc la création d’une dynamique populaire sur des bases programmatiques exigeantes, volontaristes et clairement de gauche..

Mais en plus d’être une erreur politique, c’est une erreur stratégique. A mon sens, l’argument fumeux qui consiste à dire qu’une alliance avec les solfériniens (puisqu’il s’agit d’eux le plus souvent) permettrait d’avoir des élus pour ensuite, combattre l’austérité de “l’intérieur” et améliorer la vie quotidienne des administré-e-s, est dangereux. L’analyse des derniers scrutins, et notamment des “législatives partielles”, montrent que François Hollande, le gouvernement Ayrault et l’ensemble des solfériniens ont transformés le PS (et souvent l’ensemble de la gauche), dans l’imaginaire collectif en un pestiféré, et notamment chez les électeurs portés à gauche. Dans ce contexte Vouloir embarquer sur le “pédalo en pleine tempête” est une profonde idiotie. L’autonomie conquérante n’est pas une posture égoïste mais un devoir pour lutter contre les réactionnaires et pour la survie de la gauche !

Mais le danger de succomber à la tentation comptable concerne également des aspects idéologiques. Les élus du Front de gauche, parce qu’ils font prévaloir l’intérêt général avant les intérêts économiques, ne doivent pas succomber à cette tendance technocratique qui leur impose de devenir des “gestionnaires” au lieu d’être des militants humbles et combatifs. En terme de stratégie politique, comme en terme de programme, nous devons faire prévaloir les citoyen-ne-s et leurs aspirations et nous devons proscrire les comportements d’élus notables aux dents longues et de techniciens. Les collectivités territoriales disposent déjà de techniciens talentueux et intègres, l’élu n’a pas à se substituer mais à définir une ligne politique.

La tentation comptable sera, à ne pas douter, celle qui conduira la gauche à la défaite. Ne tombons pas dans cette double erreur politique et stratégique en refusant d’avoir des ambitions. Le peuple en a assez de ces représentants qui ne représentent que leurs propres intérêts, qui le considèrent comme une marchandise électorale mobilisable à un instant T (les élections) puis oublient leurs promesses dès les résultats tombés. Ne bradons pas nos idéaux pour quelques écharpes (inutiles dans des municipalités et intercommunalités gouvernées par des austéritaires), cherchons à poursuivre l’ensemble des voies qui permettent la prise de conscience et l’implication populaire dans nos quartiers et nos communes. La gauche n’en sera que plus valeureuse pour mener à bien la définanciarisation des biens communs, mettre en place la gratuité des transports, soutenir l’économie sociale et solidaire, promouvoir un aménagement du territoire écologique, bref, mener une politique écosocialiste.

Publicités

La précarité est un parachutage permanent

Il y a des polémiques qui pourraient faire doucement rigoler si elles ne cachaient pas des réalités beaucoup plus sombres. Alors que notre camarade Jean-Luc Mélenchon choisissait la 11ème circonscription du Pas-de-Calais pour mener bataille, Marion Anne Perrine Le Pen visiblement gênée de voir sa victoire présumée remise en cause, a pendant des jours accusés celui-ci d’être un « parachuté ». Sans revenir sur cette remarque particulièrement gonflée de la part de la présidente d’un (infâme) parti politique dont les principaux cadres cherchent à se faire élire dans des circonscriptions où ils n’ont pas domicile, mais qui ont le point commun d’apparaitre comme des zones où la victoire est plutôt simple. Mon propos porte plutôt sur tous les « parachutés contraints » par les situations de pauvreté et de précarité, et ils sont nombreux.

Parlons des usines qui ferment du manque de courage politique des libéraux et socio-libéraux refusant de remettre en cause leur sacro-saint modèle capitaliste de concurrence libre et non faussée et qui laissent sur le carreau employé-e-s et ouvrier-e-s. Un candidat à la députation subit un bien maigre parachutage comparée au travailleur à qui on propose cyniquement d’aller travailler à l’autre bout de l’Europe ou du Monde pour un salaire dix fois moins important. Or ce dernier type de parachutage est bien plus destructeur socialement que le premier et il s’en produit chaque jour.

Parlons également des parachutages quotidiens des millions de personnes qui ne peuvent pas ou plus se loger à proximité de leur lieu de travail. Les enquêtes sur les déplacements domicile-travail traduisent une augmentation de ce phénomène en raison de l’expulsion des plus pauvres des centres-villes qui ne peuvent plus faire face aux hausses régulières des loyers. Ceux-là se retrouvent parachutés dans des banlieues périurbaines de plus en plus loin des pôles d’activités où se concentrent les emplois. L’augmentation de la distance parcourue chaque jour et la faiblesse de l’offre de transport en commun sur ces territoires entrainent une dépendance au véhicule individuel et une augmentation des couts en matière de transport sur le budget total des ménages (tandis que les salaires n’augmentent pas). L’accroissement du recours aux contrats précaires et à l’intérim contribue lui aussi à faire subir à nos concitoyens des parachutages d’un lieu à un autre en fonction des jours ou des saisons, au détriment d’une stabilité pourtant vitale à l’émancipation.

Mais les parachutés sont aussi les locataires malheureux qui, après avoir subis des difficultés de la vie, se retrouvent sans toit ni droits pour n’avoir pas pu faire face aux exigences du propriétaire. Enfin, n’oublions pas nos ami-e-s qui s’arrachent de leur pays d’origine, parce qu’ils y souffrent, et viennent chercher un peu de réconfort dans d’autres lieux. Ces réfugiés politiques, politiques voire climatiques ou écologiques subissent eux aussi de douloureux parachutages.

Le parachutage est donc avant tout une situation de souffrance pour les plus démunis et les plus précaires et non pas seulement une manière, pour un notable, de gérer sa carrière. Mais ça, ça ne viendrait même pas à l’idée des dirigeants du parti anti-social qu’est le front national, trop occupés à trouver des boucs-émissaires. Mais avec « L’Humain d’abord » (en particulier avec la planification écologique pour relocaliser l’activité et l’économie), et la remise en cause de l’abject dogme libéral qui sévit, nous avons une véritable arme de lutte contre la précarité, principale cause de parachutage social subit. Les parachutages politiques ne sont que des phénomènes sans importance, ne nous laissons pas détourner et continuons la lutte : le 10 et 17 juin votons pour le Front de gauche, pour une République sociale et écologique et finissons en avec la peine de ceux qui souffre quotidiennement, d’être des « parachutés » de la vie.


Vive les quartiers populaires

Après le premier tour de l’élection présidentielle il est temps de prendre du recul et de faire un bilan raisonné. Si la déception a pu être le premier sentiment partagé, je crois néanmoins que nous pouvons nous réjouir de ce que nous avons réalisé durant cette campagne.  En effet, pendant que nos soit disant camarades nous tiraient dans le dos, nous avons été les seuls à démontrer l’imposture du parti de la haine et aujourd’hui tout le monde apparaît d’accord pour dire que nous l’avons empêché d’être au second tour. Pour moi l’heureuse surprise de ce scrutin est le vote clairement à gauche (et souvent pour le Front de gauche malgré la pression terrible exercée par le PS via le « vote utile ») des quartiers populaires. Alors que les médias aiment nous faire croire que le vote des bas instincts, le vote Front national, est un vote qui exprime la souffrance des « invisibles », nous voyons clairement que ceux qui souffrent le plus au quotidien de l’exclusion, de la précarité et de la stigmatisation rejettent majoritairement les représentants de la haine.

Prenons par exemple des communes connues pour être des « quartiers sensibles » : dans la Région parisienne comme La Courneuve commune de Seine-Saint-Denis où Jean-Luc Mélenchon est 2ème  derrière François Hollande avec un score de 20,42% contre 11% pour l’héritière de Montretout, ou comme Grigny dans l’Essonne, à coté de chez moi, où il est aussi 2ème toujours derrière le PS et toujours avec un score qui dépasse les 20%. Mais c’est aussi le cas dans les banlieues des villes de province par exemple dans la banlieue lyonnaise, à Vaulx-en-Velin où le candidat du Front de gauche est aussi le deuxième homme loin devant Le Pen. D’une manière générale ce sont les départements où se concentrent les malaises sociaux où la gauche dans son ensemble enterre l’intolérance sous la solidarité.

Méfions nous encore une fois des conclusions médiatiques trop simplistes. Si les votes Le Pen se concentrent en effet dans les régions rurales et péri-urbaines l’étude approfondie des bureaux de votes de l’ensemble des communes de France nous permet d’observer que ce ne sont pas les quartiers les plus pauvres qui votent majoritairement pour le FN mais bien les quartiers les plus aisés, voire même les quartiers clairement bourgeois. Si certains individus, en particulier ceux dont la culture politique et citoyenne n’atteint pas des sommets, ont pu vouloir exprimer un vote « contestataire », le vote Le Pen est avant tout un vote de la classe dominante et de ceux qui rêvent jour et nuit d’y appartenir. Ceux-là, n’ayant toujours pas compris que leur intérêt est différent de celui des bourgeois, et désignant l’étranger comme l’ennemi numéro 1, se trompent de cible. Nous avons ici encore la preuve que la lutte de classe trouve une inscription dans l’espace et que seule la mixité sociale peut faire évoluer les consciences.

Les quartiers populaires ne sont donc pas condamnés comme certains voudraient nous faire croire au communautarisme ethnique et religieux. Leurs habitants ont prouvés encore une fois que ce sont des lieux où règnent la solidarité et la dignité face aux difficultés de la vie quotidienne et des lieux où l’intérêt général prime sur le repli sur soi craintif et égoïste. Alors que les fascistes aiment s’appeler « patriotes », nous voyons que la France de l’amour et l’amour de la France ne sont pas de leur coté mais bel et bien du coté du métissage et de l’ouverture à l’autre surtout si il ne nous ressemble pas ! Alors aujourd’hui, gardons espoir en la Révolution citoyenne, nous ferons reculer le fascisme partout mais en attendant, vive les quartiers populaires !


Nous avons déjà gagné.

De retour du meeting du Parc des Expositions à Paris et peu importe les résultats de dimanche soir, nous avons déjà gagné. Nous avons déjà gagné par la ferveur populaire qu’a soulevée la campagne du Front de gauche et de son candidat Jean-Luc Mélenchon durant ces 10 mois, depuis le meeting place Stalingrad à Paris. Cette ferveur populaire n’est pas la masse idiote que les médias voudraient qu’elle soit mais un groupe qui prend conscience de ses intérêts de classes. En effet, le Front de gauche a permis de contribuer à créer le passage difficile de la « classe en soi », des individus qui partagent les mêmes conditions de vie, à la « classe pour soi » lorsque ces derniers prennent conscience que collectivement ils peuvent renverser la table capitaliste. Les rassemblements de la Bastille, de Toulouse ou de Marseille ont été plus que de simples grands évènements d’une campagne présidentielle, ils ont été des véritables insurrections populaires pour défendre une société plus juste et plus égalitaire.

Nous avons aussi gagné par la forme de la campagne. Chaque meeting, assemblée citoyenne ou réunion publique se transformait en lieu d’éducation populaire. Dans chacun d’eux, à des échelles différentes, il a fallu expliquer, débattre, contribuer à l’amélioration du programme. Ce travail politique d’information et d’éducation politique est nécessaire dans une société où la population est maintenue volontairement dans l’ignorance, où la culture est reléguée derrière les exigences de rentabilité à court terme. Or ce que nous avons appris collectivement les uns des autres durant ces réunions ne disparaitra plus. Nous avons appris à défendre nos intérêts de classe et à résister à cette société libérale. Comme pour le tube de dentifrice, nous sommes sortis de l’ignorance politique et vous ne pourrez plus nous y faire rentrer !

Nous avons également gagné par la richesse du programme que nous avons porté et que nous continuerons à porter même après les élections. Les ventes de celui-ci  à plus de 300 000 exemplaires témoignent du processus de conscientisation que j’ai décris plus haut. L’Humain d’abord est plus qu’un slogan, c’est une orientation pour la société. C’est un programme qui a la qualité d’être global, c’est-à-dire qui ne fait pas qu’annoncer une succession de mesure(tte)s détournant l’attention des vrais sujets de sociétés, mais qui est un ensemble cohérent où les principaux thèmes sont liés et nécessaires les uns aux autres. En effet, nous ne défendons pas une succession de « propositions » mais un véritable projet. Enfin, nous avons montré et démontré par celui-ci qu’une autre société était possible et que nous savons, mais également pouvons, mettre en place un changement véritable pour faire prévaloir l’humain et la planète sur l’argent et la finance. Nous avons prouvé par notre force que le Front de gauche ne sera jamais une simple force politique de témoignage !

Les attaques contre nous qui s’accumulent depuis que nous avons franchi la barre sondagière des 10% d’intention de vote ne trompent pas : Les tenants de l’ancien régime savent ce qu’il s’est passé, ils savent que nous avons gagné dans les cœurs et les esprits et que plus rien ne sera comme avant. Mais ces personnes ne représentent rien, ce sont des concurrents/adversaires politiques de la « Nème gauche » qui ne croient plus depuis longtemps au socialisme, des éditorialistes bourgeois, des philosophes sans talents, la fine fleur des patrons du CAC40 ; bref, des gens qui ont peur d’avoir à partager, avec le peuple qu’ils méprisent, les sommes considérables qu’ils ont accumulés sur le dos des autres. Ce sont des gens qui défendront ad vitam aeternam l’idéologie libérale.

Enfin, cette campagne présidentielle fut pour moi ma première expérience réelle et approfondie de militantisme politique. Entre joie et fatigue, j’y ai gagné personnellement en superbes rencontres, en intenses moments de camaraderies et comme beaucoup de mes camarades, j’ai réfléchis et affiné ma pensée sur la société future que je souhaite, pas seulement pour moi mais pour l’intérêt général humain.

Nous avons déjà gagné dans les consciences et les âmes mais gagnons pour de vrai, pour la 6ème République, pour le partage des richesses, pour l’écologie, pour la paix, pour l’émancipation humaine, votons dimanche pour le Front de Gauche et pour son porte drapeau Jean-Luc Mélenchon.


Le partage des richesses, étape n°2 : une fiscalité écologique, juste et efficace

Si je ne partage pas l’ensemble des solutions proposées par les économistes Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, il faut reconnaître que leur petit ouvrage « Pour une révolution fiscale » paru l’année dernière a permis d’ouvrir le débat sur la fiscalité en France. Le diagnostic est particulièrement alarmant : notre système fiscal n’est pas aussi égalitaire qu’on voudrait le croire. Il apparaît même particulièrement généreux pour les classes dominantes (les 1% les plus riches) qui vont verser à l’Etat, en proportion de leurs revenus, une part moindre de leurs revenus que les plus pauvres. Ce constat est la conséquence d’une faible imposition des revenus du capital qui, à partir d’un certain niveau de revenus, deviennent la principale ressource. A l’inverse si les plus pauvres vont s’acquitter d’une part plus minime de l’impôt sur le revenu, c’est la TVA (impôt dégressif car les plus pauvres consomment plus que les plus riches qui peuvent épargner) et les diverses cotisations sociales qui vont alourdir le taux d’imposition.

Or la politique menée par la droite depuis 10 ans favorise clairement la classe dominante et creuse les inégalités au détriment des plus modestes. La suppression de l’ISF, l’instauration d’un « bouclier fiscal » (bouclier contre les pulsions partageuses de l’Etat évidemment) et la suppression de tranches de progressivités pour l’impôt sur le revenu sont les mesures concrètes les plus célèbres (et non pas populaire) de cette politique cynique en faveur des plus riches.  Dans le domaine économique le gouvernement et les députés de la majorité ont eu la main lourde sur les allègements d’impôts pour les entreprises. Les exonérations de cotisations patronales et notamment la fameuse loi TEPA de 2007, application concrète du « Travailler plus pou gagner plus » de Sarkozy, coute chaque année plus de 30 milliards d’euros à l’Etat. Mais en plus d’être couteuse ces mesures sont totalement inefficaces : ni augmentation du pouvoir d’achat des ménages (si ce n’est de plus riches), ni réduction du chômage. De plus, dans les causes de la dette des riches nous avons aussi les nombreuses niches fiscales qui profitent aux individus qui possèdent le plus de capital et des employés pour le gérer. Enfin l’argument donné par la droite visant à faire revenir les exilés fiscaux est une plaisanterie cynique : il n’y a jamais eu autant de fuite fiscale que depuis l’arrivée au pouvoir du président des riches.

L’urgence écologique à laquelle nous devons répondre dès à présent nous oblige à repenser l’ensemble de notre système de redistribution des richesses. Une politique fiscale menée par le Front de gauche doit se faire dans l’optique d’une planification écologique nécessaire au progrès humain.

Dans cet objectif il est possible d’agir tout de suite. Commençons d’abord par revenir sur l’ensemble des cadeaux de la droite à ses amis de la classe dominante : on supprime le bouclier fiscal, on augmente l’ISF et l’impôt sur les revenus du capital. Pour lutter contre la recherche de la profitabilité financière à court terme, le Front de gauche taxera les revenus financiers des entreprises. En faisant cela nous rendrons moins rentable les placements sur les marchés boursiers et plus rentable le véritable investissement productif. Cette mesure est une manière de favoriser la relocalisation de l’économie. De plus, mettre en place des mesures de modulation des taux de l’impôt sur les sociétés ou sur les cotisations sociales en fonction des objectifs et comportements d’une entreprise permet de favoriser une finalité sociale. En effet, les entreprises seront incitées à réaliser une production de qualité, localement en favorisant l’augmentation des salaires plutôt que des dividendes car tout comportement contraire au bien être collectif sera couteux pour elles. L’objectif n’est pas de punir mais d’inciter à la production visant à la satisfaction des besoins humains.

Enfin une mesure semble incontournable de toute politique fiscale écologique : l’instauration d’un revenu maximum autorisé. L’accumulation sans fin de richesse est une des causes, par le gaspillage et la consommation ostentatoire, de la destruction de la planète et il apparaît facile d’y remédier. Si les autres candidats semblent refuser toute hausse d’impôt pour les plus riches (la dernière tranche d’imposition à 45% proposée par François Hollande me paraissant presque être une provocation), rappelons que le principe d’une « imposition confiscatoire » n’est pas nouveau. Durant la période Roosevelt, que personne ne soupçonne être de gauche, le taux d’imposition des plus riches était de 91%. Ce n’est que Ronald Reagan qui dès son élection en 1980 a décidé de le baisser. Le projet du Front de gauche prévoit donc un revenu maximum à hauteur de 20 fois le revenu médian, c’est à dire à 360 000€ par an. Car finalement, aucun besoin humain véritable ne nécessite de gagner plus que ça. Et puis si ça ne plait pas à certains, qu’ils s’en aillent ! Le Trésor public, sur le modèle des Etats-Unis, leur fera payer la différence entre ce qu’ils payent dans le pays où ils vivent et ce qu’ils auraient du payer s’ils étaient restés en France, ça ne sera que le juste retour des choses pour avoir profité pendant un certain temps du système social et des services publics du pays.