La qualité urbaine pour toutes et tous !

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En ce qui concerne le cadre de vie les inégalités sont criantes et difficiles à cacher. Alors que les plus riches profitent souvent d’une situation géographique agréable et d’un logement de bonne qualité, les plus pauvres doivent se contenter de ce que le marché de l’immobilier, et l’offre en locatif social leurs mettent à disposition. Ces derniers sont donc souvent condamnés à loger dans des habitations de fabrication ancienne, aujourd’hui dégradées à défaut d’un entretien régulier et suffisant, d’un bâti sans recherche esthétique et standardisé construit à la chaine en « chemin de grues », et qui aujourd’hui se retrouvant être de véritable passoire énergétique. Cette situation contribue à maintenir les populations les plus précaires dans des situations où les couts de chauffage deviennent exorbitant et difficilement supportables.

Les inégalités concernent la qualité des logements mais également les territoires où ils sont implantés. Dans ce domaine ce sont encore une fois les plus fortunés qui ont accès aux lieux les plus agréables, villes ou quartiers, ceux où la proportion d’espaces naturels est la plus importante, où le patrimoine historique est le plus remarquable et où les aménagements sont les plus soignés. Nous nous retrouvons avec une opposition plutôt franche entre des espaces avec une identité marquée, un cadre historique mis en avant, et des espaces délaissés avec une architecture standardisée et sans âme née d’une politique d’aménagement mettant de coté l’esthétisme pour un fonctionnalisme aveugle. De la même manière, les équipements de loisirs et les liaisons de transports en communs les plus efficaces se concentrent souvent dans les secteurs les plus cotés tandis que les quartiers populaires restent renfermés sur eux-mêmes.

Pour perpétuer cette situation les classes privilégiées mettent fréquemment en place une stratégie particulière : celle de la préservation de « l’entre-soi ». Bien qu’ils aient un objectif d’origine qui puisse paraître tout autre, les Parcs Naturels Régionaux, en limitant drastiquement les possibilités de construction sur un territoire donné, participent à cette ségrégation en contribuant à la rareté du foncier et à l’augmentation des prix. Car c’est là d’où vient le principal problème : le marché immobilier, le plus impitoyable avec les plus faibles, décide de l’aménagement du territoire au détriment d’une politique de mixité sociale. Les travailleurs les moins précarisés car ayant (encore) un emploi stable qui cherchent eux aussi une bonne qualité de vie sont, pour leurs parts, contraint de s’éloigner de plus en plus des centres urbains vers les banlieues périurbaines. Or cette situation participe à l’étalement urbain et paradoxalement contribue à dégrader le cadre de vie en supprimant des espaces naturels et agricoles.

Face à ce constat il apparaît urgent de mettre en œuvre une politique publique de promotion universelle de la qualité urbaine, et cela pour plusieurs raisons. D’abord des raisons d’ordre écologique en privilégiant la densification des centres villes qui doivent être des lieux où se localisent l’ensemble des activités urbaines, en veillant à la qualité des constructions permettant de réaliser des économies substantielles en consommation énergétique ou en valorisant les espaces naturels et paysagers, véritables « poumons verts » nécessaire à la respiration de la ville. Ces quelques exemples de raisons écologiques sont à complétées avec des raisons sociales telles que la réduction de l’anxiété quotidienne des individus, la pacification possible des relations sociales, le plus grand respect des espaces publics, ou économiques en faveur de l’emploi local et « non délocalisable » comme par exemple avec la mise en œuvre de chantiers de travaux de mise aux normes écologiques des logements.

Que l’on soit bien clair, il ne s’agit pas comme c’est souvent le cas lorsque l’Etat et les collectivités font du « renouvellement urbain », de substituer une politique en faveur de l’accès à la qualité urbaine à une politique de droit commun de redistribution des richesses et de lutte contre le chômage, mais d’accompagner cette dernière. Permettre à toutes et tous de se sentir bien dans sa ville, son quartier et son logement, parce que touchant directement au domaine de l’intime de l’individu et à ses relations sociales, est une condition à l’émancipation individuelle.

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L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est une dangereuse aberration anachronique.

Les expulsions brutales des occupants de l’espace réservé à la construction du nouvel aéroport de Nantes, situé sur la commune de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), nous rappellent  les pires années où la droite était au pouvoir, et où celle-ci n’hésitait pas à réprimer toutes formes de militantisme politique, syndical ou associatif. Cette posture véritablement agressive du pouvoir en place témoigne de son absence d’argument face aux opposants, il s’agit pour eux simplement de « faire respecter la loi » sans se poser la question de son bien fondé et de sa légitimité, mais témoigne aussi de son acharnement à vouloir imposer un projet dont la grande majorité de la population à du mal à en comprendre l’utilité et qui s’apparente à un « caprice princier » de la part du premier ministre. Car quelle peut bien être l’utilité d’un nouvel aéroport à l’heure du « développement durable » (sic), dans une région qui n’en a pas le besoin ?

Si le gouvernement, et particulièrement son premier ministre, maire de Nantes il y a encore 6 mois, souhaitent à tous prix construire un aéroport international, c’est qu’ils ont intégrés dans leur idéologie l’absurde « nécessité » de faire participer quelques territoires nationaux à la compétition mondiale généralisée. Celle-ci consiste à créer des pôles métropolitains (Nantes dans notre cas) vers où convergent les flux internationaux de marchandises, d’informations et de personnes (à condition qu’elles soient diplômées et de classes sociales supérieures). Cette façon de concevoir le développement des villes peut sembler efficace sur un point purement comptable et libéral, mais est mortifère sur le plan écologique car basée sur une utilisation toujours plus importante d’énergie carbonée. Tandis qu’une politique urbaine écologique chercherait à favoriser la réutilisation de l’existant et à limiter les modes de transports polluants, c’est l’inverse qui est fait ici car l’ensemble des observateurs nous affirment que l’actuel aéroport de Nantes n’arrive même pas à saturation en terme d’utilisation. Nous sommes bel et bien dans le caprice !

Alors que le « Pic Pétrolier » (« Peak Oil » en anglais), point limite de production de pétrole à partir duquel les ressources commencent à décliner définitivement, a surement déjà été dépassé il y a quelques années, il est anachronique de réaliser un investissement (qui par définition engage la collectivité pour des décennies) basé sur l’aviation. Si nous voulons éviter les graves crises qui vont naitre de la raréfaction des énergies carbonées il conviendrait plutôt d’utiliser l’énorme masse d’argent destinée au projet, estimée à plus de 550 millions d’euros (et surement sous-estimé comme souvent avec les Partenariats Public/Privé), pour développer des moyens de transports plus écologiques.

Car ce projet d’aéroport est couteux financièrement mais il l’est encore plus pour l’environnement. Comme nous l’avons vu il a des conséquences indirectes : il favorise un moyen de transport des plus émetteurs de gaz à effet de serre, mais aussi des conséquences directes liées à son implantation. En effet, l’aéroport par sa superficie de 1220 hectares détruira de nombreuses terres agricoles fertiles, au détriment des capacités de production agricoles locales, et impactera fortement la biodiversité riche de la région, avec des conséquences difficiles à prévoir car la biodiversité, même la plus infime, interagit directement sur les nombreuses autres espèces vivantes (et avec l’Humain notamment).

Mais le gouvernement, Jean-Marc Ayrault en tête, ne se contentent pas de brader l’écosystème à la compétition internationale, il offre cette manne d’argent que représente un investissement sur 55 ans, provenant des contribuables, via un partenariat public/privé, à des promoteurs privés (le groupe VINCI dans notre exemple), qui n’ont que faire de se préoccuper de l’intérêt général. Or ce système rend dépendant les institutions publiques, y ayant recours, aux multinationales du bâtiment et à ses actionnaires qui n’hésitent pas à gonfler les couts réels après avoir les minimisés pour obtenir le marché. On imagine que pour un investissement de la taille d’un aéroport les surcouts pour la collectivité peuvent être faramineux, et cela est particulièrement mal venu de la part d’un gouvernement qui étrangle les autres investissements par une politique d’austérité budgétaire.

Ces quelques arguments, écologiques et économiques, nous permettent de comprendre que le projet de construction de l’aéroport du « Grand Ouest » est une aberration anachronique. Au lieu de favoriser une politique d’aménagement du territoire qui exacerbe la compétition mondiale, détruit terres agricoles et écosystèmes, entretien les émissions de gaz à effet de serre et gaspille les finances publiques au bénéfice de grands groupes, une véritable politique écologique de gauche en matière d’aménagement doit favoriser le développement de transports plus écologiques, voire chercher à réduire l’utilisation des transports en relocalisant activités et équipements. Il convient de favoriser la proximité des échanges et de la production de biens et services, ce que le Parti de Gauche et le Front de Gauche entendent faire en mettant en place une politique de planification écologique prenant en compte le temps long de l’activité humaine productive (contre le temps ultracourt de la finance spéculative). Enfin, le développement territorial doit favoriser la réutilisation de l’existant en terme de construction plutôt que l’étalement sans limite, afin de protéger autant que possible les espaces naturels et agricoles nécessaires à la survie de l’humanité.


L’économie sociale et solidaire pour redynamiser un territoire

Les périodes estivale et de rentrée auront été un théâtre d’annonces difficiles pour l’emploi, particulièrement pour les nombreux salariés restés sur le carreau. La couardise politique des dirigeants socialistes, rompus aux caprices de la finance et des « marchés » (qu’il ne faut surtout pas « déstabiliser ») prive des régions entières de leurs sources d’emplois. Les effets en matière de dynamisme économique et d’attractivité du territoire sont désastreux et, comme après une catastrophe naturelle, qui pourtant n’a rien de « naturelle », il n’est pas exagéré de parler de régions sinistrées. Mais en plus des conséquences sociales, dont tout le monde a conscience, nous avons également des conséquences écologiques beaucoup plus perfides. Il est illusoire aujourd’hui de penser qu’il y a une « désindustrialisation », nous consommons toujours autant de produits manufacturés, ceux-ci sont simplement produit ailleurs, en particulier là où les travailleurs sont les moins protégés. Ces produits traversent ensuite la planète pour irriguer les marchés des pays occidentaux. Les « externalités négatives » de cette façon de concevoir la production, sont nombreuses et mortelles.

Les crises économiques, écologiques et sociales doivent nous obliger à repenser nos modes de production et nos façons de concevoir l’activité économique. Aujourd’hui l’économie sociale et solidaire (ESS) apparaît comme une alternative crédible et directement applicable au modèle capitaliste, modèle qui a fait preuve de son incapacité à garantir un progrès humain durable, mais également à lutter contre les crises systémiques qu’il cause. L’économie sociale et solidaire est fondamentalement différente du modèle capitaliste car elle poursuit un but social : celui de l’intérêt général. Il est intéressant de constater que la promotion de cette forme alternative d’entreprise n’est pas uniquement l’œuvre de militants de gauche, mais se développe aussi chez les citoyens et les entrepreneurs. Or cela est la preuve que les gens se rendent compte que tout le monde a à y gagner quand la recherche du profit à court terme n’est plus l’unique moteur de l’entreprise. En effet, dans une entreprise de l’ESS il y a une très forte obligation de placer les bénéfices dans l’investissement productif à long terme, le seul capable de garantir le maintien  des emplois sur un territoire.

Les entreprises de l’économie sociale et solidaire ont aussi un rôle important à jouer en matière de création de lien social et particulièrement dans les communes rurales et périurbaines, territoires souvent laissés à l’abandon par les pouvoirs publics. Contrairement à l’entreprise capitaliste mondialisée, l’entreprise sociale et solidaire s’intègre et devient une composante de son environnement proche : elle cherche des partenariats locaux et sa clientèle est principalement locale. La petite taille des entreprises et le partage du processus de décision entre les employés favorisent également cette proximité. Une entreprise à « taille humaine » où les décisions sont prises en commun (chaque salarié détient une part de l’entreprise et a le droit de vote, avec comme principe une personne = une voix) permet l’implication de tous car chacun est concerné. Les répercussions sur l’ensemble de la société sont positives car seul le peuple sait ce qu’est l’intérêt général, contre les intérêts particuliers des dominants de la compétition mondiale généralisée.

Les entreprises avec une « inscription territoriale » sont une ressource en emplois « non délocalisables », l’offre et la demande existent et existeront sur le long terme, car la production doit également être socialement utile à l’ensemble de la société. Ce marquage territorial est également visible par le fait que 75% des plus grandes entreprises de l’ESS ont leur siège social dans une région autre que l’Ile-de-France alors que c’est l’inverse pour 91% des sociétés capitalistes « standards », mais également par les activités qu’elles réalisent sur le territoire en lien avec les collectivités ou les entreprises locales (telles que les « entreprises d’insertions » ou les missions de service public dans le cadre de délégations).

Si l’ensemble des partis politiques de gauche semblent conscient du rôle qu’ont à jouer les entreprises de l’ESS au niveau national (rappelons qu’elles regroupent plus de 2 millions de salariés dans plus de 160000 entreprises) comme au niveau local, les mesures prisent en leur faveur sont encore beaucoup trop timides, voire inexistantes. Il est d’abord nécessaire de clarifier leur statut juridique afin de permettre une mise en place de politiques publiques efficaces en faveur de cette forme d’entreprise. Ces politiques publiques peuvent avoir différentes configurations. Ce sont par exemple des aides financières pour les salariés qui veulent reprendre une entreprise en coopérative, ou des « aides institutionnelles » comme des clauses visant à favoriser les entreprises de l’ESS dans les marchés publics. La souffrance de certains territoires subissant de plein fouet la mondialisation capitaliste doit nous amener à réfléchir et agir à de nouvelles façons de concevoir la production et l’activité. Or aujourd’hui seule une vraie force de gauche, comme le Front de gauche, a pour objectif de tendre vers un modèle prenant en compte l’Humain et son environnement, et tant pis si ça ne plait pas aux marchés et aux laudateurs de l’Europe libérale.


Des méninges remuées et des perspectives, l’exemple des fablabs

La remise en route après la période estivale est toujours difficile. Or cette année elle l’est encore plus particulièrement. L’année scolaire dernière fut une intense période électorale et il est normal de faire une pause pour se vider l’esprit et se détendre. Néanmoins cette rentrée est motivante par les perspectives politiques qu’elle ouvre. L’absence de volontarisme politique, catastrophique vis à vis des attentes populaires de la part du pouvoir dit « socialiste », ainsi que l’absence d’élection cette année ouvre des débouchés intéressants dans l’élaboration de mesures programmatiques, celles-ci devant être des traductions concrètes des principes de la République sociale à laquelle on inspire (la fameuse « radicalité concrète » appliquée par les élus du Parti de gauche et du Front de Gauche).

Le « Remue-Méninges du Parti de Gauche » puis les « Estivales du Front de Gauche » ont marqués la fin d’une séquence politique particulière, mais également, par les différents débats et rencontres, éclaircis l’horizon et définis les aspects généraux d’une véritable politique de gauche, pour les élections municipales et les territoriales de 2014. Parmi les ateliers auxquels j’ai assistés lors de ces quatre jours, je souhaite revenir sur un en particulier, car celui-ci est l’exemple même de cette radicalité concrète, possible et applicable. Je reviens donc sur un atelier consacré aux fablabs (contraction anglaise de laboratoire de fabrication) qui fut animé par la brillante camarade Corinne Morel-Darleux, secrétaire nationale à l’écologie au Parti de gauche et rédactrice du blog « Les petits pois sont rouges ». Avant de rentrer dans le détail signalons que les fablabs sont également appelés ateliers, recycleries  ou ressourceries communales et peuvent prendre des formes variées, en fonction de la situation et des capacités locales.

Les fablabs, hérités de la tradition DIY (Do It Yourself : « fais le toi même ») apparaissent comme un moyen efficace de lutter contre la société productiviste qui pousse à une surconsommation matérielle et qui a des conséquences désastreuses, sur l’environnement et les conditions sociales. En mettant en avant le recyclage et la réparation d’objets « démodés » ou « obsolètes », c’est l’essence même du système, basé sur l’obsolescence programmée, qui est remise en cause. Il ne s’agit plus de jeter mais de réfléchir comment un objet quelconque peut être réutilisé et ainsi éviter les gaspillages.  Mais créer un fablab sur une commune permet également de se réapproprier des savoirs et des compétences productives, savoir-faires qui disparaissent à mesure que les emplois sont délocalisés à l’autre bout du Monde. De plus, cela permet d’amener un changement dans les mentalités en offrant réflexion sur l’utilité sociale et « réelle » des produits consommés. Les fablabs fournissent également un espoir important (quoiqu’il puisse paraître un peu trop « techniciste »), grâce au développement des « imprimantes 3D », de pouvoir produire, via un partages de manière libre de plan de fabrication sur internet, des pièces nécessaires à la réparation d’objets divers. Pièces qui ne sont plus forcément conçues par les fabricants officiels, ce qui rend de fait, impossible la réparation. Enfin, les laboratoires de fabrications permettent également de redynamiser un quartier, une ville ou un territoire rural laissé à l’abandon. En effet, cette forme de « bricolage moderne » favorise le lien social et peut jusqu’à permettre l’intégration (ou la réintégration) par le travail d’individu(e)s qui s’en sont éloigné(e)s. La souplesse des formes et fonctions des ateliers communaux permettent d’envisager de nombreux projets et ainsi, d’offrir une réponse adaptée à chaque difficulté locale.

Je ne rentre volontairement pas d’avantage dans les détails car ce point (avec beaucoup d’autres) est traité magistralement dans l’ouvrage « Terre de Gauche, abécédaire des radicalités concrètes », coordonné par Gabriel Amard, venant de sortir aux éditions Bruno Leprince, dont certains des contributeurs sont des amis, mais tous des camarades. L’atelier comme le livre sont pour moi une véritable bouffée d’air pur. En effet, tandis que le TINA (« There is no alternative ») libéral semble triompher partout, et notamment au PS et chez ses supplétifs muselés, le Parti de Gauche et plus globalement le Front de Gauche nous montrent qu’il est toujours possible de résister à l’ordre capitaliste dominant… à condition de le vouloir.


Pour une politique foncière de gauche

Nous le savons, la terre ne doit pas être une marchandise comme les autres. Pour les femmes et les hommes de gauche elle ne devrait pas être une marchandise du tout ! Or sa rareté la transforme, pour les capitalistes, en un une denrée particulièrement profitable. Cette logique de la primauté du marché est une des causes de la crise du logement que nous connaissons aujourd’hui. En effet, si nous décomposons le prix du logement nous pouvons nous apercevoir que dans les zones les plus « en tensions », plus de 50% du tarif total est lié au prix du terrain. C’est un des freins les plus efficaces des libéraux à la construction de logements sociaux.

Pour gagner de l’argent au détriment du bien être collectif, les capitalistes mettent en œuvre principalement deux stratégies. La première, dans les zones aujourd’hui non construites mais qui se construisent progressivement, va consister à profiter d’un faible cout du terrain vierge pour ensuite réaliser une plus-value en le revendant, mais avec cette fois ci, une maison dessus. La deuxième stratégie est aussi purement spéculative mais concerne les zones en « renouvellement urbain ». Dans celles-ci, le capitaliste va profiter d’une requalification (souvent menée par la collectivité) pour augmenter les prix du foncier et des logements. Cette spéculation à deux niveaux contribue à exclure les plus pauvres de l’accès au logement et la fiscalité mise en œuvre pour les pouvoirs publics apparaît loin d’être dissuasive. Contre la politique inefficace du « laisser faire », c’est à dire celle du marché, vantée par la droite, il convient de répondre par une politique foncière de gauche qui met en avant l’intérêt général.

Il faut dans un premier temps redonner la capacité à l’Etat et aux collectivités territoriales de pouvoir agir sur les terres dont disposent les collectivités. Il n’est pas normal que des individus puissent s’enrichir sur le malheur des autres en contribuant à alimenter la crise du logement. Il faut favoriser la municipalisation des terrains disponibles en donnant des moyens financiers beaucoup plus important aux collectivités pour qu’elles puissent mettre en œuvre véritablement leur droit de préemption. Cela permettra, par exemple, lorsqu’un propriétaire décide de vendre un terrain, que la commune puisse en devenir propriétaire. De la même manière les collectivités doivent pouvoir bénéficier d’un élargissement des conditions qui rendent possible l’expropriation. Celles-ci pourront avoir pour objectif de favoriser la mixité, de répondre à une crise de mal-logement et de protéger l’environnement. Enfin il faut contribuer à rendre « non rentable » les comportements spéculatifs et pour cela il est nécessaire de réformer complètement la fiscalité foncière qui doit permettre à la collectivité de récupérer les plus values.

La gestion publique du domaine foncier doit être un élément central dans une politique de planification écologique car c’est un outil efficace pour lutter contre l’étalement urbain (En 25 ans, la surface des villes a augmentée de 75% tandis que la population n’a augmenté que de 25%). De plus en organisant la réquisition des logements vides on relâche un peu la pression qui existe sur les zones non construites (de plus en plus loin du centre ville), on lutte contre la « rareté provoquée » par les capitalistes et donc on favorise la baisse du cout du logement. Si nous voulons pouvoir instaurer notre politique de planification écologique et favoriser la production locale de qualité par le biais des circuits courts nous ne pouvons plus nous permettre de continuer à ce rythme de grignoter les terres agricoles. La terre est une ressource naturelle qu’il convient de préserver ce que seule une gestion publique et démocratique est capable de faire.

 


Et voilà une pharmacie dans ma zone commerciale de périphérie.

Et voilà maintenant une pharmacie. C’est à se demander quand se terminera l’agrandissement de cette zone commerciale. Si vous habitez une commune « périurbaine » vous voyez surement de quoi je veux parler. Composées, au départ et le plus souvent, d’un supermarché, elles finissent par proposer du matériel de bricolage, des aliments pour animaux et puis maintenant, des médicaments. C’est toute la société de consommation qui se retrouve disponible à quelques minutes en voiture de son lieu d’habitation.

C’est en effet là que se pose le premier problème. Si les municipalités peuvent mettre en place des politiques de transport public pour y transporter les habitants (et notamment les personnes âgées qui ont une mobilité plus réduite), les zones commerciales de périphérie urbaine dépendent du véhicule individuel. Les parkings immenses, dimensionnés pour le dernier samedi avant noël, témoignent de cette dépendance à la voiture. Or à l’heure d’une crise écologique sans précédent, il est nécessaire de repenser complètement nos façons de se déplacer en limitant autant que possible l’utilisation d’énergie fossile et carbonée. Alors qu’aménager le territoire devrait être « prévoir » et « planifier » nos besoins et nos handicaps futurs, l’aménagement de l’entrée de « ma ville » apparaît donc en total anachronisme.

En plus d’être dépendante de la voiture pour son fonctionnement, la zone commerciale de périphérie entraine aussi une mort lente et douloureuse du centre ville ancien. Alors qu’il y a à peine dix ans, tous les produits de première nécessité y étaient disponibles, nous n’y trouvons aujourd’hui que des banques et des activités de services pas encore « délocalisées ». Seules les boulangeries semblent y résister. C’est encore une fois un non sens écologique que d’avoir laisser faire ça. Nous le savons, la lutte contre l’étalement urbain, grand consommateur d’espace, ne peut se faire que par une politique volontariste de densification des centres villes. Il faut en effet rendre cette densification attractive à des individus qui pourrait se « payer le luxe » d’un pavillon sur le territoire de la commune,  par une offre de biens et services à proximité du lieu d’habitation.

Il ne faut pas non plus oublier la dimension esthétique d’un projet urbain. Les entrées de ville sont primordiale pour donner une bonne impression au visiteur or avec ces grands hangars commerciaux c’est l’inverse qui se produit. Cette banalisation d’un paysage unique est dommageable car elle détruit tout particularisme local. De la même manière, le commerce de proximité apparaît plus enclin à fournir une compétence artisanale et faire perpétuer un savoir faire local qu’une société commerciale franchisée offrant des produits de masse, industriels standardisés. La dimension paysagère ne doit pas être une préoccupation secondaire car elle contribue au « bien être urbain » des populations.

Comme le lotissement pavillonnaire, les supermarchés de périphérie symbolisent l’étalement urbain. Pour ces deux éléments il est nécessaire de réfléchir à une façon de modifier les comportements des individus et des élus qui autorisent sur leur territoire ce type de construction. La motivation première qui pousse les élus municipaux à « saccager » volontairement l’entrée de leur commune est la source de revenus qu’ils peuvent en tirer. Si la droite a supprimé la taxe professionnelle, elle l’a remplacée en 2010 par la contribution économique territoriale qui a la même fonction : remplir les caisses des municipalités abandonnées par un Etat obsédé par la réduction des dépenses publiques.

Une politique urbaine véritablement écologique ne peut se faire qu’en aménageant nos villes par des formes urbaines compactes et proches des habitants. De toute évidence il est préférable de favoriser la mixité de fonction : par exemple en développant des quartiers qui en plus de fournir de l’habitat fournissent de l’activité commerciale, artisanale et de service. La spécialisation fonctionnelle des différentes zones, entre les quartiers pavillonnaires « dortoirs » et les zones commerciales de périphérie, n’est pas viable à long terme et il est urgent d’agir. De la même façon, en mettant au centre de l’aménagement du territoire la réponse aux besoins et aux désirs des femmes et des hommes sur leur lieu d’habitation, on agit pour préserver la planète. L’enjeu de la planification écologique passe par une sortie des logiques du marché, celui-ci favorisant la concentration des implantations (dans une logique de diminution des couts) et l’artificialisation des sols au détriment de la planète.


Le partage des richesses, étapes n°3 : L’augmentation des salaires

La question des salaires doit être une des questions centrales de cette campagne électorale. En effet, parce qu’il donne un revenu régulier au travailleur, le salaire est la condition même du maintien de l’activité économique d’un pays. Or aujourd’hui le discours est biaisé : d’un coté nous avons la droite qui, pour ne pas fâcher ses amis des lobbies patronaux, se refusent toute augmentation, c’est le cas de l’UMP ou du MODEM, et d’un autre la gauche sociale-libérale du Parti socialiste qui, mis à part pour garantir l’égalité femme/homme ne prévoit aucune hausse salariale dans le programme porté par François Hollande. Du coté du FN c’est l’entourloupe : Si Le Pen prévoit une hausse des salaires de 200€, la méthode du financement de cette mesure fait saliver le patronnât. Et pour cause, la hausse du salaire sera fera par une baisse des cotisations sociales. Pour faire simple le FN veut prendre de l’argent qui appartient déjà aux salariés pour leur redonner sous une autre forme.

Chaque jour c’est le même rituel, les libéraux poussent des cris d’orfraie dès que l’on parle d’augmenter les salaires. Pour ces derniers les salaires, toujours trop élevés, plomberaient notre compétitivité dans la compétition mondiale généralisée qu’eux mêmes mettent en œuvre. Leur logique simple, mais fausse, est la suivante : si nous n’exportons pas, si nous avons trop de chômage, bref si l’économie du pays est en berne, c’est que le cout du travail est trop élevé ! Sous entendus trop élevé par rapport aux travailleurs de l’autre bout du Monde qui, eux, acceptent de travailler plus de 12 heures par jour pour des cacahouètes.

Or ce raisonnement oubli un élément fondamental en économie, celui qui fait que si le salaire est un cout pour l’employeur, c’est aussi un revenu pour l’employé. Il est par ailleurs particulièrement intéressant d’expliquer à un libéral « pur jus » qu’il y a plusieurs façons de mesure son PIB fétiche (Produit intérieur brut). La première façon, la plus connue, se base sur la production mais la deuxième se base sur les revenus. Il existe même une relation d’égalité entre la production et les revenus, ce qui signifie que lorsque l’on augmente les revenus on augmente la production donc on réalise de la croissance. Paradoxalement cette démonstration n’est pas issue d’une obscure théorie marxiste-léniniste mais d’une théorie macroéconomique « classique ». Nous voyons bien que l’intérêt général économique n’est pas une priorité des libéraux au pouvoir. Partir de la théorie économique permet donc de donner une assise au raisonnement et faire fermer le clapet à tout ceux qui voudraient nous imposer une politique d’austérité.

D’un point de vu plus concret une hausse de salaire, et encore plus pour les plus bas revenus, est une condition nécessaire pour la mise en place d’une politique de croissance respectant les principes d’une planification écologique. Par exemple une hausse du SMIC à 1700€ comme le propose le Front de Gauche permet à l’employé et l’ouvrier d’accéder à des produits de qualité (et notamment dans le domaine alimentaire). En achetant ces produits, et couplé à des mesures écologiques de soutien à l’économie locale, c’est toute cette économie de proximité qui se remet en route. De plus l’augmentation des salaires des plus modestes (car ils ont une propension marginale à consommer plus importante) est directement réintégrée dans l’économie car consommée rapidement alors que les cadeaux fiscaux aux plus riches ne servent qu’à alimenter la spéculation. L’augmentation des salaires permet de faire « respirer » l’économie, et couplée à une politique efficace de transition écologique du capitalisme, de créer des emplois. Pour la petite histoire : Henry Ford grand patron de l’industrie de fabrication automobile avait dès le début du siècle bien compris l’intérêt d’augmenter les salaires de ses employés qui pouvaient ensuite devenir ses clients et donc augmenter ses parts de marchés. Ce n’était pas de la philanthropie mais du bon sens économique.

Enfin, vous entendez tous les réactionnaires de tout poils dire qu’il y a trop de « charges » sociales. Cette affirmation est déjà une erreur sémantique : il n’existe pas de charge sociale mais seulement des cotisations, sociales lorsqu’elles sont payées par l’employé, patronales lorsqu’elles sont (soit disant) payées par l’employeur. Or, comme pour les salaires, si d’un point de vue elles peuvent être un coût elles sont aussi un revenu, un revenu « indirect » ou « différé » car il reviendra plus tard au travailleur lorsqu’il sera au chômage ou à la retraite. Cette part du salaire, que l’on appelle « salaire mutualisé », n’est pas une épargne mais une façon de créer de la solidarité entre les membres de la communauté nationale. C’est aussi une garantie pour que chacun puisse continuer à vivre dignement lorsqu’un malheur de la vie le touche. Mais d’un point de vu purement économique c’est aussi une manière de continuer à garantir la stabilité économique en garantissant l’accès à la consommation.

Finalement, nous pouvons nous rendre compte qu’en suivant aveuglement leur idéologie moribonde, les (ultra/néo)libéraux contribuent à maintenir un système qui privilégie le court terme de la rentabilité financière contre le long terme de la production. Or une politique de redistribution des richesses comme le propose le Front de gauche permet de répartir équitablement les fruits de l’activité économique tout en garantissant une production respectueuse de l’environnement et de l’humain.