La 6ème République et la démocratie territoriale

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Si les premières lois de « décentralisation » de 1982 marquent un tournant particulier dans l’histoire républicaine de la France, elles ne sont finalement qu’un révélateur d’une tendance commencée à la fin du 19ème siècle avec l’élection au Suffrage Universel des maires. Par ailleurs, l’Union Européenne cherche autant que possible à réduire le nombre de collectivités locales françaises en prenant en modèle, une fois n’est pas coutume, l’Allemagne. Derrière ces injonctions il y a l’idée de se rapprocher d’un fonctionnement politique à 4 échelles (Europe, Etat, Région et Intercommunalité) et remettre en cause les spécificités du modèle français républicain et de ses « 36000 communes » accusé de tous les mots. L’ « Acte III » de décentralisation présenté en Conseil des ministres le 10 avril 2013, et de la même manière que l’avait proposé Sarkozy en 2010, conforte l’idée des technocrates européens d’une nécessaire mutualisation/fusion des communes dans des ensembles urbains plus vastes. Mais alors que la grande majorité des citoyens et citoyennes ne comprennent pas grand chose à ces histoires d’intercommunalités, rien n’est fait pour qu’ils s’emparent démocratiquement de ces questions et, face à cette exigence, le « fléchage » prévu des élus communautaires sur les listes communales apparaît bien insignifiant.

L’échelle intercommunale est aujourd’hui composée d’instances politiques « dépolitisées ». Dans celles-ci le marchandage est la règle et le débat est réduit au « strict minimum » de façade. Cette recherche du « consensus », qui ne déplait à personne mais sans convenir non plus, ne peut entrainer qu’une politique au rabais sans véritable volontarisme. La dépolitisation s’exprime aussi par le fait que les conflits « de territoires » prévalent aux conflits d’idées et de positionnements politiques. Elus par chacune des communes membres plutôt que par l’ensemble de l’intercommunalité, les élus vont avoir tendance à défendre les intérêts de leur municipalité plutôt que l’intérêt général du groupement. Cette situation devient caricaturale lorsqu’il s’agit d’accueillir un nouvel équipement public dont les retombées en « capital électoral » peuvent être conséquentes. Le fonctionnement politique intercommunal tel qu’il existe aujourd’hui s’apparente donc à un sacre de notables et à une politique publique réduite au minimum pour laquelle les citoyen-ne-s sont exclu-e-s du processus.

Or ce qui est observés en matière de groupements de communes devient, en quelques sortes, un modèle dont il faut s’inspirer pour les autres collectivités territoriales. A l’échelle régionale il y a une volonté des libéraux d’affaiblir le Conseil Régional, élu au suffrage universel et à la proportionnelle (donc ne pénalisant pas les « petits partis »), au profit d’une « Métropole » toute puissante où siègeront des représentant-e-s désigné-e-s par les collectivités membres de l’institution. Cette dépossession citoyenne s’accompagne aussi d’une « autonomisation » des régions, rendue possible par l’expression d’un « droit d’expérimentation » véritable consécration de la « République à la carte », et entrainant l’exacerbation des inégalités entre celles-ci.

Le plus dommageable dans cette situation est que les régions et, à plus fortes mesures encore, les intercommunalités apparaissent comme des échelles pertinentes et efficaces pour mener des politiques publiques. Nous devons veiller à « ne pas jeter bébé avec l’eau du bain » et ne pas confondre un problème d’ordre politique de choix de gouvernance avec l’ensemble de « l’échelle ». Les intercommunalités permettent notamment de mener des politiques publiques en matière de transport ou de développement de services publics qu’ils auraient été difficiles, voire impossibles, de mettre en œuvre à l’échelle communale. Une grande échelle d’intervention permet d’améliorer la redistribution et la solidarité entre les territoires et est un argument de poids dans « la bonne gestion des deniers publics ».

Réfléchir à des dispositions pour une 6ème République nécessite également de s’intéresser aux l’échelons locaux. N’ayant pas peur du débat et de la confrontation d’idée, au Parti de Gauche et au Front de Gauche nous pensons que la politisation des enjeux est une condition fondamentale à la démocratie et à l’expression de l’intérêt général. Aucun lieu ne doit être en dehors du champ démocratique, le peuple doit avoir de véritables instances de prises de décisions et doit disposer d’une information complète des différents enjeux. Or aujourd’hui, ni les instances de « démocratie participative », ni la possibilité de consulter les informations ne sont suffisantes à l’exercice du pouvoir populaire. En plus de la possibilité d’organiser un référendum révocatoire, une véritable démocratie territoriale passera par la création d’instances de participations des citoyen-ne-s qui permettent réellement de faire émerger des contre-pouvoirs aux petits notables arrogants, aujourd’hui intouchables.

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De l’Ecosocialisme à la 6ème République, cohérence et prise de conscience

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Entre le premier tour de l’élection présidentielle de l’année dernière et aujourd’hui, l’enchainement des évènements semble avoir “changé de braquet”. Les analyses du Front de Gauche quant à l’écroulement du Monde politique ancient, des “grands partis de gouvernement”, semblent plus que jamais d’actualités sous le coup des “affaires” qui n’ont rien de “personnelles” mais qui relèvent au contraire d’un système oligarchique bien huilé. Ce système de collusions entre les milieux d’affaires, politiques et médiatiques, s’étendant du FN au PS, témoigne jour après jour de sa pourriture intrinsèque. Mais malheureusement, face à ce déferlement de corruption et d’autoritarisme (les instances de l’Union Européenne en “chef de file”), les citoyen-ne-s ont bien du mal à saisir leur colère pour la transformer en débouché politique concret.

Or si l’extrême droite peut paraître “séduisante” car fidèle à son discours de rejet de l’UMP et du PS, son implication directe dans “l’affaire Cahuzac” la discrédite totalement (sans parler bien évidemment de l’absurdité de son programme anti-étrangers aussi inefficace pour l’intérêt général que coûteux pour les finances publiques). Plus que jamais le combat contre les idées du FN est nécessaire, ne le laissons pas profiter, sur une somme de mensonges, de ce climat et soyons présents avec notre bonne humeur !

Les campagnes présidentielle et législatives ont été marquées par une cohérence sans faille du programme du Front de Gauche. Des associations de France Nature Environnement à la Fondation Abbé Pierre, celle-ci fut d’ailleurs remarquée et saluée. Alors que nos adversaires et concurrents refusent de s’appuyer sur des bases programmatiques claires et définies, laissant au tout un chacun la liberté de choisir les mesures qui l’intéresse, quitte à dire tout et son contraire au cours d’une même semaine (Par exemple : “mon ennemi c’est la finance” au Bourget et “i’m not dangerous” à la City). Au Parti de Gauche et au Front de Gauche nous ne cherchons pas à plaire à tout le monde car nous savons que les classes sociales ont des intérêts antagonistes. Nous ne considérons pas le MEDEF comme un “partenaire social” des travailleurs  car le MEDEF ne partage pas les mêmes objectifs que ces derniers. Nous cherchons autant que possible (dans le respect des tendances de la dizaine d’organisations du Front de Gauche) de définir une ligne politique claire et clivante pour faire émerger la prise de conscience du conflit.

Cette ligne politique, notre idéologie, c’est l’écosocialisme. Mais n’y voyez aucune rigidité ni aucun dogmatisme aveugle. Nous ne sommes pas des “curés rouges (et verts)” car nous cherchons continuellement à faire évoluer cette idéologie par des exemples concrets et des réflexions théoriques issues d’horizons divers. Cette construction idéologique a officiellement commencée le 1er décembre 2012 avec les Assises nationale pour l’écosocialisme à Paris et se poursuit localement aux quatre coins de la France mais également à l’étranger. Le Parti de Gauche de l’Essonne (dont je fais parti) organise par exemple ses propres assises locales à Viry-Châtillon le samedi 20 décembre à partir de 9h30. Alors que l’héritage du socialisme apparaît de plus en plus comme une contrainte à certains représentants de Solférino (le Président de la République n’a t-il pas affirmé devant les français-e-s ne pas être un Président socialiste ?), nous revendiquons, au contraire, et haut et fort l’héritage. Nous reprenons les principes, les valeurs, les symboles et rendons hommages à ses dignes représentants, qu’ils s’appellent Maximilien Robespierre, Jean Jaurès ou Hugo Chavez.

L’idéologie écosocialiste, porteuse de nouvelles façons de concevoir le partage et l’exercice du pouvoir politique, ne peut s’appliquer dans les cadres tantôt oligarchiques, tantôt monarchiques de la 5ème République. Plus que d’une mesure de dépoussiérage la Nation a besoin du renouveau qui fera naître l’espoir et la confiance dans l’action collective. Tandis que l’écosocialisme définit le mode de production, la Révolution citoyenne est la méthode d’action, c’est à dire la façon de faire. La Marche du 5 mai 2013 pour la 6ème République, à laquelle de nombreuses personnalités et organisations politiques appellent à participer, doit (et serra) un acte important de la Révolution citoyenne, comme l’ont été les rassemblements à la Bastille, au Capitole et au Prado l’année dernière.

Avec l’écosocialisme et la Révolution citoyenne nous avons à la fois un contenu idéologique fort, identifiable et reconnu, et une stratégie de prise du pouvoir qui repose sur la conscientisation (par la confrontation des idées, quitte à parler cru et dru) et la mise en mouvement des classes populaires. La tache ne sera pas facile mais elle a le mérite d’être motivante !