Un ANI et des ennemis

MIM

La classe médiatique imbue d’elle même a le mérite d’être efficace, à peine le MEDEF avait fini de rédiger ce qui servira de base à « l’accord national interprofessionnel » (ANI) qu’elle le défendait becs et ongles comme étant LA grande avancée du quinquennat solférinien, celle qui redonne « de la stature » à un président de la République au plus bas dans les enquêtes d’opinion. Cette position de la part des éditocrates, accrochés au privilège de pouvoir déjeuner avec les puissants, ne peut pas nous étonner car nous commençons à multiplier les preuves de leur haine antisociale et de leur dégout du peuple et des travailleurs. Taper sur ceux qui relèvent la tête et sur les syndicats qui se mobilisent est leur fond de commerce, fond de commerce partagé avec les (socio)libéraux et le Front national. Face à cette déferlante de pensée unique quelques journaux et médias d’information tels que l’Humanité, Politis ou Médiapart, continuent bien difficilement à informer les citoyens plutôt que défendre les intérêts du grand patronat et de la finance.

Mais le soutien le plus « étonnant » (quoique plus grand chose nous étonne de leur part) à cet « accord » est celui du PS et du gouvernement. Alors qu’il y a un an, dans l’opposition, le parti solférinien critiquait les accords dits « compétitivité emploi » que Sarkozy souhaitait mettre en place, les voilà soutenir presque unanimement un accord dont la substance reste quasi-identique. Voyez par vous-même : l’ANI légalise le chantage à l’emploi en permettant au travailleur d’accepter une hausse du temps de travail ou une baisse de salaire sous peine d’un licenciement sans droits (article 18), il prévoit pour l’employeur l’imposition d’une « mobilité forcée » à son salarié sans limite de distance (article 15) et il réduit les délais d’action en justice des salariés pour défendre ses droits (article 26). A coté de ces contraintes les quelques mesures dite « favorables » aux travailleurs sont bien maigres : l’obligation de souscrire à une complémentaire santé privée (les grands groupes d’assureurs sont ravis), l’encadrement du temps partiel subi dont les nombreuses dérogations vide la mesure de sa substance et les droits « rechargeables » à l’assurance chômage qui ne seront accordés qu’à condition de « ne pas aggraver le déséquilibre financier de l’assurance chômage » (sic). Enfin, la grande avancée sociale que devait être la taxation des contrats courts, qui concernera au final moins de 30% des CDD, se retrouve être un cadeau au patronat qui verra, « en contrepartie », ses cotisations sociales baisser pour les embauches en CDI de jeunes de moins de 26 ans.

Le PS a beau se cacher derrière le fait qu’il s’agisse d’un accord professionnel, en ne présentant pas de projet de loi alternatif, il a lancé volontairement les travailleurs dans la cage au lion du MEDEF. Laurence Parisot et son association de dépeceurs du peuple ne s’y trompent pas, elle exige « que le Sénat et  l’Assemblée nationale respectent à la lettre ce texte ». Cette position est d’ailleurs partagée à droite par l’ensemble de l’UMP et notamment par Jean-François Copé. Or il est nécessaire de rappeler que cet accord, s’il est accepté par la majorité des organisations représentatives des employeurs, est rejeté par la majorité des travailleurs et par ses deux plus grandes centrales syndicales la CGT et FO, qui ressortent encore renforcées des dernières élections professionnelles, mais aussi par d’autres organisations comme Sud-Solidaire et la FSU, et des associations comme ATTAC. Et à l’intérieur même des organisations signataire de l’accord MEDEF, en particulier à la CFDT, les adhérents à « la base » ressentent comme une trahison les courbettes de leurs dirigeants face au patronat.

Au lieu d’œuvrer pour l’amélioration des conditions de travail et de vie du peuple, le PS et le gouvernement se retrouvent encore une fois du mauvais côté, du côté des cyniques, des égoïstes et des profits à court terme qui broient des vies et des familles. Loin de moi l’idée de remettre en question la sincérité de l’ancrage à gauche de certains de mes amis militants au PS, mais comment ne pas voir dans leur inaction une forme de complicité à la casse sociale menée par les forces réactionnaires ? Comment interpréter la forme avancée de schizophrénie qui fait dire à ces militants qu’ils sont du côté des travailleurs tandis que leur parti « se félicite » de cet accord en affirmant dans un communiqué que les « entreprises pourront mieux anticiper les mutations de l’économie ». Cette position est intenable car elle est hypocrite, le PS choisi le camp du capital et de la finance, celui qui fait tirer sur des manifestants et expulse des milliers de sans papiers, choisissez le votre ou vous finirez par, vous aussi, être tenu responsable de ça. Manifestons tous ensemble le 5 mars 2013 à l’appel des syndicats et des forces politiques progressistes et montrons que la gauche, à la différence du gouvernement, ne baisse pas les yeux devant le MEDEF.

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La réaction en ordre de marche

26122012-10

La traditionnelle bataille de chiffres entre la préfecture de Police et les organisateurs de la manifestation de dimanche ne doivent pas nous masquer un enseignement important de cette dernière. Bien qu’il serait naturel pour toute personne progressiste de sous-estimer la portée d’une mobilisation comme celle-ci, d’autant plus que le gouvernement s’est promis de rester intransigeant sur ce sujet annonçant « qu’aucun compromis n’est possible face au projet de loi », organiser marches et rassemblements de plus de 300000 personnes (méfions nous des individus comme Jean-François Copé qui arriveraient à faire tenir plus de 10 personnes au m2 sur la place de la Concorde) relève d’un travail tout particulier, travail qui prouve que les forces réactionnaires sont en ordre de marche.

Le caractère dit « apolitique » de la manifestation est, au mieux une preuve d’une crédulité à peine croyable, au pire une sournoiserie manipulatrice et grossière des différentes forces de droite. Des catholiques intégristes en croisade contre « l’homofolie » (sic), des partisans du Front national qui témoignent de leur vrai visage antisocial et anti-égalitaire, du Bloc identitaire et de divers groupuscules d’extrême droite, jusqu’aux militants et élus UMP avec, à la tête de l’organisation Jean-François Copé et ses pains au chocolat ; les différentes tendances réactionnaires ont trouvé un cheval commun de bataille. Ne tombons pas dans le piège et soyons conscient de qui nous avons à faire, à la droite la plus dure. La figure de Frigide Barjot (Virginie Merle), présentée comme « moderne » ou comme une « catho décomplexée » par la classe médiatique, n’est pas moins que les autres une militante politique. Il n’est d’ailleurs pas anodin que son mari, Basile de Koch, fut un membre du Club de l’Horloge (club de « réflexion » d’extrême droite qui a notamment théorisé le concept de « préférence nationale ») et assistant de Charles Pasqua. Cette manifestation réalise en quelque sorte un des principes fondateurs du club de l’horloge, celui de réaliser « l’union des droites ».

Le choix d’un sujet dit « de société » au lieu d’un sujet « social » pour mobiliser son camp n’est pas non plus fruit du hasard. L’égalité des droits civils est souvent mère de l’égalité des droits sociaux, et ça la « droite rassemblée » n’en veut pas. Il est frappant de regarder des affiches de la première moitié du 20ème siècle appelant à refuser le droit des votes des femmes, pour ne pas déstabiliser un ordre social et familial ancestral, et constater les similitudes avec les arguments utilisés aujourd’hui. Alors que, pour ces derniers, le libéralisme économique apparaît comme un horizon indépassable, comme une « loi de la nature », le libéralisme culturel est présenté comme une dérive, comme un symbole de la décadence des sociétés modernes. Serge Dassault, sénateur UMP de l’Essonne et propriétaire du Figaro, n’a t-il pas prophétisée, en novembre 2012, la disparition de la société si nous avions « un pays d’homos » ? La présence d’un cortège du Front national dans une manifestation « contre » une mesure égalitaire est un marqueur tangible de l’absence d’un quelconque  « tournant social » que les médias voudraient nous vendre. Car pendant ce temps, rappelons que personne à droite ne remet en cause l’austérité et ses conséquences sociales sur l’ensemble des citoyen-ne-s. De la même manière, la tolérance des « prières de rues » dont nous avons tous vu les images, montre que pour les partisans de droite l’offense à la laïcité est à géométrie variable.

Ne prenons pas cette mobilisation à la légère. Les forces réactionnaires nous prouvent qu’elles sont capables de se rassembler et de se mettre en marche. Loin de l’image idyllique que l’on a pu voir à la télévision de « la petite famille », pleine de fraternité et de bons sentiments pour défendre un modèle familial, qui n’hésite pas à ouvrir ses portes et à héberger d’autres manifestants, les têtes pensantes de la mobilisation sont des militant-e-s de longue date, prêts à bondir sur la moindre faiblesse. Il est particulièrement mal venu, dans notre camp, de critiquer à ces personnes le droit de manifester un désaccord dans la rue ou ailleurs, tant nous en avons recours quand nous estimons que le combat doit passer par cet outil (nous étions par ailleurs au moins 6 fois plus nombreux lors des grandes manifestations contre la réforme des retraites de François Fillon en 2010).  Mais cette mouvance réactionnaire ne doit pas gagner sans résistance.  Alors que le gouvernement et le Parti socialiste semblent encore une fois fuir leurs responsabilités même sur des sujets « sociétaux » (nous n’attendons malheureusement plus rien de lui, et depuis  bien longtemps, sur le social), notamment avec l’éviction de la Procréation Médicalement Assistée du texte du projet de loi sur le mariage pour tous, le Front de Gauche n’hésitera pas à mener le combat politique. La lutte pour le mariage pour tous est plus qu’une bataille pour la nuptialité, c’est une bataille pour l’émancipation, pour l’égalité, pour la laïcité et contre l’homophobie encore trop tolérée par les pouvoirs publics.

Nous serons dans la rue, plus nombreux que les réactionnaires de tout bords, le 27 janvier 2013, pour exiger l’égalité des droits et montrer notre détermination. Faisons barrage aux obscurantistes qui, de l’opposition à l’abolition de l’esclavage à celle contre l’interruption volontaire de grossesse, se sont toujours battus contre les idéaux progressistes des philosophes des lumières, principes fondateurs de notre République.


Pourquoi j’ai adhéré au Parti de Gauche ?

A l’occasion de la grande journée nationale d’adhésion prévue samedi 27 octobre 2012, je vais revenir ici sur les raisons qui m’ont poussées à adhérer au Parti de Gauche, en espérant que ça donne l’envie aux réticents de franchir le pas. Avant toute chose, je tiens à signaler que c’est le premier parti politique auquel j’ai adhéré, mon expérience ne pourra donc pas s’appuyer sur des éléments de comparaisons avec d’autres partis.

Après quelques « errances » militantes diverses, j’ai décidé au moment de la mobilisation contre la réforme Fillon des retraites en 2010, d’adhérer à un parti politique. A ce moment là j’ai dépassé une idée qui me trottait dans la tête depuis  quelques années : celle que les partis politiques n’avaient finalement que peu de capacité d’action, et que le dépassement du mode de production capitaliste ne pouvait se faire que par des mobilisations sociales de travailleurs. Autant dire, ce n’était pas pour tout de suite. Après « l’échec » des mobilisations contre la réforme des retraites je me suis convaincu qu’il me devait de faire quelque chose en me rendant compte qu’attendre l’écroulement du système capitaliste financier, aussi injuste qu’il soit, se révélait être finalement une position individuelle de passivité et de facilité. D’autant plus qu’au fond de moi je déplorais fréquemment de ne pas voir la gauche « anti-libérale » s’allier sur un projet commun.

En adhérant au Parti de Gauche j’ai avant tout adhéré à une démarche collective novatrice venant faire taire des années d’émiettement : celle du Front de Gauche, avec comme idée sous-jacente que le parti n’est qu’un instrument au service d’un objectif politique global : construire la Révolution citoyenne. Considérer le parti comme un simple outil nous permet de faire taire les critiques qui considèrent les femmes et les hommes politiques au services d’abord de leurs intérêts, puis de leurs intérêts de « chapèle », puis enfin, s’il reste un peu de temps libre, au service de l’intérêt général. C’est aussi pour cette raison que le Parti de Gauche n’est pas un parti de notables ou de « bon » gestionnaires comme peut l’être le Parti socialiste, mais un parti de militants mettant en avant l’action collective sur le terrain et la réflexion programmatique constante. Dans cette conception, les élus du PG sont des militants « comme les autres » à l’exception près qu’ils ont une responsabilité particulière : celle de faire « la gauche par exemple », c’est à dire démontrer qu’il est possible de faire, à n’importe quelle échelle d’intervention, différemment de ce qui est appliqué par les libéraux et les socio-libéraux.

L’aspect du Parti de Gauche qui a été pour moi déterminant dans mon adhésion et celui de la centralité de l’éducation populaire. Face à la puissance médiatique de « l’idéologie dominante » libérale il ne suffit pas de lancer des slogans creux, écrits par des agences de communication, qui de toutes façons ne trouvent jamais de traduction concrètes (le « changement » ne viendra finalement pas), mais de chercher sans cesse à élever le niveau de conscience collective. Et avec le temps, je me rend compte que je ne me suis pas trompé : il suffisait de voir comment Jean-Luc Mélenchon cherchait à démontrer et expliquer dans les meetings de campagne de l’élection présidentielle, sans jamais tomber dans la facilité ou la caricature. Cette démarche de « conscientisation des masses » est primordiale et c’est pour cela que, nous, militant de l’autre gauche, nous devons veiller à partager le même langage, les mêmes références, afin de faire contrepoids au discours libéral. Or adhérer à un parti politique comme le Parti de Gauche permet cette cohérence de langage.

De plus, si j’ai décidé d’adhérer au Parti de Gauche plutôt qu’à une autre organisation membre du Front de Gauche, c’est pour sa conception républicaine intransigeante : intransigeante sur les libertés fondamentales des femmes et des hommes, intransigeantes sur l’égalité car il est inacceptables de voir les écarts de richesses se creuser à mesure que le pays devient plus riche, et enfin intransigeante sur la laïcité, fondement de notre capacité de libre arbitre. En mettant en avant l’intérêt général humain la conception républicaine du Parti de Gauche est profondément écologiste et socialiste. Les militants, venus de nombreux horizons politiques, qui nous rejoignent chaque jour contribuent à cette diversité de pensées qui finie par former ce que l’on nomme un « parti creuset ». Car appartenir à un parti politique comme le PG c’est aussi appartenir à un collectif divers mais solidaire, avec des camarades qui deviennent des amis, des amis qui deviennent des camarades, et des individus qui pensent à l’intérêt général avant de penser à leur carrière. Sinon a quoi bon lutter contre les requins de la finance si c’est pour retrouver des requins dans son parti politique ?


La Révolution citoyenne en réponse au mépris du peuple

Elections après élections, nombreux sont les médias et acteurs de la vie politique à regretter les taux d’abstentions toujours plus élevés, ceux-ci étant le miroir du désintéressement politique des citoyens. Les raisons de ce désintéressement sont souvent liées au sentiment d’impuissance (conforté par les défenseurs de l’idéologie dominante) face aux politiques libérales contre lequel on ne « pourrait rien », ainsi qu’il est souvent difficile de s’impliquer politiquement lorsque le quotidien devient une lutte au jour le jour pour la survie, lot malheureux de plus en plus de nos concitoyens. Face à cette criante précarité les questions politiques, et notamment dans la manière dont elles sont traitées, semblent de plus en plus éloignées du vécu direct du peuple.

Le TSCG (Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance), nouveau traité européen, aussi appelé Pacte budgétaire, est l’archétype de cette situation. Ce texte juridique « imbuvable » pour les non initiés au langage technocratique, semble complètement abstrait pour de nombreux citoyens qui n’arrivent pas à en mesurer la portée directe. Il faut dire que ni les « journalistes », ne faisant aucun travail réel de lecture et d’explication, ni le gouvernement social-libéral, cherchant chaque jour à en minimiser les conséquences (par exemple Cécile Duflot sur France Inter le 18 septembre 2012), n’ « aide » le peuple à s’y retrouver et à agir en pleine conscience. Pire, certain(e)s mentent effrontément en nous faisant croire qu’il est une condition à la survie de l’Europe ou de la monnaie unique.

Or s’il peut paraître éloignée des préoccupations quotidiennes des populations toujours plus touchées par la précarité, le chômage et la pauvreté, il est à l’inverse à la fois la clé de voute et le symbole d’un système économique qui ne fonctionne pas et, pire, qui entraine l’Europe dans une crise écologique et sociale sans fin. En imposant une « règle d’or » via l’obligation pour les états membres de limiter les déficits publics à 0,5% du PIB (alors qu’aucun état de l’Union Européenne, y compris l’Allemagne, n’arrive aujourd’hui à respecter la limite de 3% fixée par le traité de Maastricht), on empêche toute politique de relance de l’économie en la contractant, et on bloque finalement les investissements futurs. Comment répondre aux enjeux écologiques demandant une réorientation de l’économie vers une production soutenable, une politique efficace de recherche en matière d’énergie renouvelable et d’économie d’énergie … et aux enjeux sociaux tels que la lutte contre le chômage, la relocalisation de l’activité et la ré-industrialisation de l’économie, si les moyens financiers ne sont pas disponibles pour le faire. La règle d’or a donc des conséquences directes sur les conditions de vie actuelles et futures. Les déficits publics ne sont qu’un outil économique au service des humains et non pas un problème en soi. En revanche les taux d’intérêts toujours plus faramineux demandés par les banques aux états le sont !

Mais en plus d’être absurde économiquement, le TSCG est parfaitement anti-démocratique. Dans le but de « rassurer » les marchés financiers, le pacte budgétaire impose un contrôle de la part d’une « institution indépendante »  non élue, et par la Commission européenne de tous les budgets nationaux avant même le vote par leurs parlements respectifs. Or les commissaires européens, tous laudateurs de l’idéologie libérale, ne sont pas élus mais désignés par chaque état membre tandis que le Parlement européen, dont la représentation est issue du suffrage universel, n’a qu’un rôle d’observateur. Les avis des personnes désignées directement par le peuple ne compte pas, les citoyens perdent leur souveraineté politique. De plus, la manière dont le gouvernement français dit « socialiste » souhaite le faire appliquer dans le droit français témoigne d’un profond mépris pour le peuple, celui-là même qui a porté François Hollande et sa majorité au pouvoir. Alors que le candidat devenu Président promettait de le renégocier, c’est le traité Merkel-Sarkozy (deux noms qui resteront assurément dans l’histoire de l’Europe pour avoir fait triompher l’idéologie réactionnaire antisociale) qui est prévu d’être appliqué, au mot près, par les parlementaires dit « socialistes ». Or François Hollande a été élu en promettant de renégocier le trait. Ne l’ayant pas fait, il n’a aucune légitimité populaire pour l’appliquer.

Comment les socio-libéraux peuvent ils encore se lamenter de la faible participation aux élections quand ce sont les premiers à mépriser les citoyens ? A l’inverse, le camp progressiste, dont le Front de Gauche a toute sa place, n’a pas peur du suffrage populaire. C’est pour cette raison que nous appelons l’ensemble des citoyens à se mobiliser en faveur d’un référendum à ce sujet. Nous ne considérons pas les citoyens comme de simples électeurs, comme des consommateurs de produits électoraux que l’on tenterait de séduire à chaque élection, à coup de phrases chocs et de slogans, mais avons comme but premier la participation de toutes et tous à la vie de la cité. Il ne s’agit pas uniquement d’exprimer un désaccord avec une politique libérale qui ruine l’Europe, détruit la planète et exacerbe les tensions nationalistes, mais de redonner une substance à la démocratie et aux valeurs de la République. « Prenez le pouvoir » n’était pas seulement un slogan de campagne, mais demeure une orientation politique : celle de la Révolution citoyenne et de la 6ème République, écologique et sociale, qu’elle doit faire naitre. La grande manifestation du 30 septembre 2012 se doit d’être une réussite car, mettant de coté nos différences, nous devons montrer l’unité du peuple de gauche en faveur du respect de la souveraineté populaire.


La précarité est un parachutage permanent

Il y a des polémiques qui pourraient faire doucement rigoler si elles ne cachaient pas des réalités beaucoup plus sombres. Alors que notre camarade Jean-Luc Mélenchon choisissait la 11ème circonscription du Pas-de-Calais pour mener bataille, Marion Anne Perrine Le Pen visiblement gênée de voir sa victoire présumée remise en cause, a pendant des jours accusés celui-ci d’être un « parachuté ». Sans revenir sur cette remarque particulièrement gonflée de la part de la présidente d’un (infâme) parti politique dont les principaux cadres cherchent à se faire élire dans des circonscriptions où ils n’ont pas domicile, mais qui ont le point commun d’apparaitre comme des zones où la victoire est plutôt simple. Mon propos porte plutôt sur tous les « parachutés contraints » par les situations de pauvreté et de précarité, et ils sont nombreux.

Parlons des usines qui ferment du manque de courage politique des libéraux et socio-libéraux refusant de remettre en cause leur sacro-saint modèle capitaliste de concurrence libre et non faussée et qui laissent sur le carreau employé-e-s et ouvrier-e-s. Un candidat à la députation subit un bien maigre parachutage comparée au travailleur à qui on propose cyniquement d’aller travailler à l’autre bout de l’Europe ou du Monde pour un salaire dix fois moins important. Or ce dernier type de parachutage est bien plus destructeur socialement que le premier et il s’en produit chaque jour.

Parlons également des parachutages quotidiens des millions de personnes qui ne peuvent pas ou plus se loger à proximité de leur lieu de travail. Les enquêtes sur les déplacements domicile-travail traduisent une augmentation de ce phénomène en raison de l’expulsion des plus pauvres des centres-villes qui ne peuvent plus faire face aux hausses régulières des loyers. Ceux-là se retrouvent parachutés dans des banlieues périurbaines de plus en plus loin des pôles d’activités où se concentrent les emplois. L’augmentation de la distance parcourue chaque jour et la faiblesse de l’offre de transport en commun sur ces territoires entrainent une dépendance au véhicule individuel et une augmentation des couts en matière de transport sur le budget total des ménages (tandis que les salaires n’augmentent pas). L’accroissement du recours aux contrats précaires et à l’intérim contribue lui aussi à faire subir à nos concitoyens des parachutages d’un lieu à un autre en fonction des jours ou des saisons, au détriment d’une stabilité pourtant vitale à l’émancipation.

Mais les parachutés sont aussi les locataires malheureux qui, après avoir subis des difficultés de la vie, se retrouvent sans toit ni droits pour n’avoir pas pu faire face aux exigences du propriétaire. Enfin, n’oublions pas nos ami-e-s qui s’arrachent de leur pays d’origine, parce qu’ils y souffrent, et viennent chercher un peu de réconfort dans d’autres lieux. Ces réfugiés politiques, politiques voire climatiques ou écologiques subissent eux aussi de douloureux parachutages.

Le parachutage est donc avant tout une situation de souffrance pour les plus démunis et les plus précaires et non pas seulement une manière, pour un notable, de gérer sa carrière. Mais ça, ça ne viendrait même pas à l’idée des dirigeants du parti anti-social qu’est le front national, trop occupés à trouver des boucs-émissaires. Mais avec « L’Humain d’abord » (en particulier avec la planification écologique pour relocaliser l’activité et l’économie), et la remise en cause de l’abject dogme libéral qui sévit, nous avons une véritable arme de lutte contre la précarité, principale cause de parachutage social subit. Les parachutages politiques ne sont que des phénomènes sans importance, ne nous laissons pas détourner et continuons la lutte : le 10 et 17 juin votons pour le Front de gauche, pour une République sociale et écologique et finissons en avec la peine de ceux qui souffre quotidiennement, d’être des « parachutés » de la vie.


Nous avons déjà gagné.

De retour du meeting du Parc des Expositions à Paris et peu importe les résultats de dimanche soir, nous avons déjà gagné. Nous avons déjà gagné par la ferveur populaire qu’a soulevée la campagne du Front de gauche et de son candidat Jean-Luc Mélenchon durant ces 10 mois, depuis le meeting place Stalingrad à Paris. Cette ferveur populaire n’est pas la masse idiote que les médias voudraient qu’elle soit mais un groupe qui prend conscience de ses intérêts de classes. En effet, le Front de gauche a permis de contribuer à créer le passage difficile de la « classe en soi », des individus qui partagent les mêmes conditions de vie, à la « classe pour soi » lorsque ces derniers prennent conscience que collectivement ils peuvent renverser la table capitaliste. Les rassemblements de la Bastille, de Toulouse ou de Marseille ont été plus que de simples grands évènements d’une campagne présidentielle, ils ont été des véritables insurrections populaires pour défendre une société plus juste et plus égalitaire.

Nous avons aussi gagné par la forme de la campagne. Chaque meeting, assemblée citoyenne ou réunion publique se transformait en lieu d’éducation populaire. Dans chacun d’eux, à des échelles différentes, il a fallu expliquer, débattre, contribuer à l’amélioration du programme. Ce travail politique d’information et d’éducation politique est nécessaire dans une société où la population est maintenue volontairement dans l’ignorance, où la culture est reléguée derrière les exigences de rentabilité à court terme. Or ce que nous avons appris collectivement les uns des autres durant ces réunions ne disparaitra plus. Nous avons appris à défendre nos intérêts de classe et à résister à cette société libérale. Comme pour le tube de dentifrice, nous sommes sortis de l’ignorance politique et vous ne pourrez plus nous y faire rentrer !

Nous avons également gagné par la richesse du programme que nous avons porté et que nous continuerons à porter même après les élections. Les ventes de celui-ci  à plus de 300 000 exemplaires témoignent du processus de conscientisation que j’ai décris plus haut. L’Humain d’abord est plus qu’un slogan, c’est une orientation pour la société. C’est un programme qui a la qualité d’être global, c’est-à-dire qui ne fait pas qu’annoncer une succession de mesure(tte)s détournant l’attention des vrais sujets de sociétés, mais qui est un ensemble cohérent où les principaux thèmes sont liés et nécessaires les uns aux autres. En effet, nous ne défendons pas une succession de « propositions » mais un véritable projet. Enfin, nous avons montré et démontré par celui-ci qu’une autre société était possible et que nous savons, mais également pouvons, mettre en place un changement véritable pour faire prévaloir l’humain et la planète sur l’argent et la finance. Nous avons prouvé par notre force que le Front de gauche ne sera jamais une simple force politique de témoignage !

Les attaques contre nous qui s’accumulent depuis que nous avons franchi la barre sondagière des 10% d’intention de vote ne trompent pas : Les tenants de l’ancien régime savent ce qu’il s’est passé, ils savent que nous avons gagné dans les cœurs et les esprits et que plus rien ne sera comme avant. Mais ces personnes ne représentent rien, ce sont des concurrents/adversaires politiques de la « Nème gauche » qui ne croient plus depuis longtemps au socialisme, des éditorialistes bourgeois, des philosophes sans talents, la fine fleur des patrons du CAC40 ; bref, des gens qui ont peur d’avoir à partager, avec le peuple qu’ils méprisent, les sommes considérables qu’ils ont accumulés sur le dos des autres. Ce sont des gens qui défendront ad vitam aeternam l’idéologie libérale.

Enfin, cette campagne présidentielle fut pour moi ma première expérience réelle et approfondie de militantisme politique. Entre joie et fatigue, j’y ai gagné personnellement en superbes rencontres, en intenses moments de camaraderies et comme beaucoup de mes camarades, j’ai réfléchis et affiné ma pensée sur la société future que je souhaite, pas seulement pour moi mais pour l’intérêt général humain.

Nous avons déjà gagné dans les consciences et les âmes mais gagnons pour de vrai, pour la 6ème République, pour le partage des richesses, pour l’écologie, pour la paix, pour l’émancipation humaine, votons dimanche pour le Front de Gauche et pour son porte drapeau Jean-Luc Mélenchon.


18 mars, une date pour tourner la page et faire (re)vivre la démocratie

Quelle bouffée d’oxygène que ce grand rassemblement qui se prépare. Quel plaisir de voir enfin réunie la grande majorité de l’autre gauche dans un objectif qui dépasse le simple replâtrage du système pour celui d’un bouleversement de nos institutions. Cette Révolution citoyenne est le passage obligé d’un système démocratique à bout de souffle où les volontés populaires sont, soit complètement ignorées soit bafouées allègrement. Alors que la légitimité des dirigeants devrait être la base du pouvoir politique, l’oligarchie au sommet de l’Etat n’en a plus, et malgré tout s’attache à remettre en cause les acquis démocratiques de décennies de luttes sociales. Face à cette situation il n’est pas étonnant que de plus en plus de nos concitoyens se détournent de la participation électorale et que l’abstention constatée grandie d’élections en élections. Et ce sont encore une fois les classes populaires qui en sont les principales victimes. A l’inverse c’est quand le débat démocratique se crée et se développe dans l’ensemble de la population que les taux de participation sont les plus élevés. Le référendum de 2005 portant sur la ratification du Traité constitutionnel européen est un événement exemplaire car malgré une campagne de la classe médiatique dominante défendant corps et âme la position du « oui », l’appropriation populaire du débat a permis la victoire du « non » avec une participation de près de 70% (et ce malgré la véritable complexité du document proposé au vote).

Cette marche du 18 mars est une façon de montrer aux « belles personnes » (Terra Nova, Think Tank proche du PS en tête) que la classe populaire, classe sociale la plus nombreuse est capable de prendre en main son destin et d’agir, non pas pour ses intérêts propres, mais pour l’intérêt général. Il s’agit pour le peuple de reprendre le pouvoir, de lutter contre le régime de monarchie présidentielle qu’impose la Vème République critiquée par Mitterrand dans son livre « le Coup d’Etat permanent » (1964) comme une « dictature » où le général de Gaulle était décrit comme un « putschiste ». En mettant en avant cet élan populaire, le Front de gauche marque une rupture forte avec la gauche libérale du Parti socialiste qui se refuse à modifier les institutions actuelles, et qui en organisation des primaires confirme son ancrage dans ce système. Par ailleurs l’organisation ce type de scrutin pour désigner le candidat à la présidentielle du parti marque à mon sens la fin du caractère militant de celui-ci pour se déplacer vers un caractère d’organisation d’élus et de notables (à quoi bon militer pendant des années quand une bonne stratégie de communication permet de s’assurer l’investiture « suprême »). C’est aussi contre cette stratégie du PS, ignorant les « forces vives » de la gauche que représentent les militants, les organisations syndicales ou associatives, intellectuels, classes populaires et j’en passe, que la marche du 18 mars s’impose dans la campagne électorale comme une voie démocratique nouvelle.

Aujourd’hui le Front de gauche est la seule force politique mettant au centre de son programme un processus constituant dans le but d’élire une Assemblée constituante, elle même chargée d’établir une nouvelle Constitution : la Constitution de la VIème République. De toute évidence, cette Constitution, devra remettre au centre des institutions les droits des femmes et des hommes, le respect de la nature, garantir de nouveaux droits pour les citoyens en matière d’action politique (en favorisant les initiatives citoyennes par exemple), sortir de la logique libérale de l’accumulation sans fin et du productivisme pour aller vers une plus grande démocratie dans les organisations économiques et financières et enfin réaffirmer la souveraineté populaire à la fois au niveau international, contre les « instances de la finance » (G20, FMI, OMC … ) et au niveau local en favorisant encore la libre administration des collectivités territoriales. L’enjeu fondamental de cette nouvelle Constitution sera de redonner le pouvoir au peuple confisqué par une oligarchie au service des actionnaires des grandes entreprises capitalistes. En reprenant le pouvoir, c’est l’intérêt général du grand nombre qui triomphe des intérêts particuliers du petit nombre de possédants.

Comme en 1789, 1792, 1848, 1870 et 1946, le Front de gauche vous propose de faire avancer l’histoire vers le progrès humain. Et quoi de mieux que cette date du 18 mars, date du soulèvement populaire en 1871 de la grande Commune de Paris. Celle-ci permit pendant quelques mois de formidables avancées démocratiques en matière d’émancipation des femmes, de liberté de la presse, de laïcité, d’organisation du travail mais surtout en matière de démocratie où l’on trouva, parmi les 92 membres du Conseil de la Commune, de nombreux élus issus des classes populaires et notamment 25 ouvriers. Revenons donc tous, et tous ensemble, le 18 mars à la Bastille pour faire perdurer l’héritage glorieux des luttes ouvrières et sociales et, tournons la page de cette Vème République monarchique et antidémocratique.

(Et en cadeau bonus, les photos de l’enregistrement à l’Usine du clip de la chanson « Reprenons la Bastille » des copains du groupe l’Art mais Rouge !)