La qualité urbaine pour toutes et tous !


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En ce qui concerne le cadre de vie les inégalités sont criantes et difficiles à cacher. Alors que les plus riches profitent souvent d’une situation géographique agréable et d’un logement de bonne qualité, les plus pauvres doivent se contenter de ce que le marché de l’immobilier, et l’offre en locatif social leurs mettent à disposition. Ces derniers sont donc souvent condamnés à loger dans des habitations de fabrication ancienne, aujourd’hui dégradées à défaut d’un entretien régulier et suffisant, d’un bâti sans recherche esthétique et standardisé construit à la chaine en « chemin de grues », et qui aujourd’hui se retrouvant être de véritable passoire énergétique. Cette situation contribue à maintenir les populations les plus précaires dans des situations où les couts de chauffage deviennent exorbitant et difficilement supportables.

Les inégalités concernent la qualité des logements mais également les territoires où ils sont implantés. Dans ce domaine ce sont encore une fois les plus fortunés qui ont accès aux lieux les plus agréables, villes ou quartiers, ceux où la proportion d’espaces naturels est la plus importante, où le patrimoine historique est le plus remarquable et où les aménagements sont les plus soignés. Nous nous retrouvons avec une opposition plutôt franche entre des espaces avec une identité marquée, un cadre historique mis en avant, et des espaces délaissés avec une architecture standardisée et sans âme née d’une politique d’aménagement mettant de coté l’esthétisme pour un fonctionnalisme aveugle. De la même manière, les équipements de loisirs et les liaisons de transports en communs les plus efficaces se concentrent souvent dans les secteurs les plus cotés tandis que les quartiers populaires restent renfermés sur eux-mêmes.

Pour perpétuer cette situation les classes privilégiées mettent fréquemment en place une stratégie particulière : celle de la préservation de « l’entre-soi ». Bien qu’ils aient un objectif d’origine qui puisse paraître tout autre, les Parcs Naturels Régionaux, en limitant drastiquement les possibilités de construction sur un territoire donné, participent à cette ségrégation en contribuant à la rareté du foncier et à l’augmentation des prix. Car c’est là d’où vient le principal problème : le marché immobilier, le plus impitoyable avec les plus faibles, décide de l’aménagement du territoire au détriment d’une politique de mixité sociale. Les travailleurs les moins précarisés car ayant (encore) un emploi stable qui cherchent eux aussi une bonne qualité de vie sont, pour leurs parts, contraint de s’éloigner de plus en plus des centres urbains vers les banlieues périurbaines. Or cette situation participe à l’étalement urbain et paradoxalement contribue à dégrader le cadre de vie en supprimant des espaces naturels et agricoles.

Face à ce constat il apparaît urgent de mettre en œuvre une politique publique de promotion universelle de la qualité urbaine, et cela pour plusieurs raisons. D’abord des raisons d’ordre écologique en privilégiant la densification des centres villes qui doivent être des lieux où se localisent l’ensemble des activités urbaines, en veillant à la qualité des constructions permettant de réaliser des économies substantielles en consommation énergétique ou en valorisant les espaces naturels et paysagers, véritables « poumons verts » nécessaire à la respiration de la ville. Ces quelques exemples de raisons écologiques sont à complétées avec des raisons sociales telles que la réduction de l’anxiété quotidienne des individus, la pacification possible des relations sociales, le plus grand respect des espaces publics, ou économiques en faveur de l’emploi local et « non délocalisable » comme par exemple avec la mise en œuvre de chantiers de travaux de mise aux normes écologiques des logements.

Que l’on soit bien clair, il ne s’agit pas comme c’est souvent le cas lorsque l’Etat et les collectivités font du « renouvellement urbain », de substituer une politique en faveur de l’accès à la qualité urbaine à une politique de droit commun de redistribution des richesses et de lutte contre le chômage, mais d’accompagner cette dernière. Permettre à toutes et tous de se sentir bien dans sa ville, son quartier et son logement, parce que touchant directement au domaine de l’intime de l’individu et à ses relations sociales, est une condition à l’émancipation individuelle.


2 commentaires on “La qualité urbaine pour toutes et tous !”

  1. yolaine vanraet dit :

    je découvre avec intérêt ce blog. J’habite Chambéry où nous venons de créer une asso « jardinons la ville » dans l’objectif de défendre 1ha de terre agricole situé au cœur de la ville, cultivée depuis des décennies sous forme de jardins familiaux…. je suis aux prises avec l’idée de densification de la ville…portée par les élus écolos qui projette allégrement de sacrifier cette terre et d’y construire un « pôle développement durable »…HQE et tout et tout, proche de la gare donc multi modal…..Nous sommes pris de très haut avec nos petits jardins familiaux à protéger..mais nous cultivons le répondant…..Juste une question: comment visionnez vous la densification urbaine dont vous parlez plus haut, qui se ferait en privilégiant les espaces naturels ou paysagers….Ici, lorsqu’ils nous parlent de densification….pour raison durable…c’est au dépend des terres maraichères…..parce qu’il faut savoir ce que l’on veut….lutter contre l’étalement urbain afin de limiter les déplacements… Où trouver « de la matière à réfléchir » concernant la densification intelligente des villes?……Merci……!!!!!

    • Bonjour, merci pour l’intérêt que vous portez à ce blog ! L’intérêt de densifier est de protéger les espaces agricoles « nourriciers », qu’ils soient en périphérie ou en « cœur de ville ». Une véritable politique écologique passe par la poursuite de l’objectif d’une « souveraineté alimentaire » au plus proche des habitants et les jardins familiaux vont dans ce sens (et ont souvent une mission « sociale » de réinsertion non négligeable). C’est absurde de détruire des terres à un endroit pour ne pas en détruire ailleurs … Quand je parle de densification je parle avant tout d’espaces délaissés, de « dents creuses » (et les abords des gares en sont souvent bien pourvus), dans lesquels il est possible d’augmenter considérablement le potentiel urbanisable. Malheureusement j’ai bien peur que dans votre cas ce ne soit qu’un simple projet urbain que j’appellerais « spéculatif » où l’aspect « développement durable » n’est qu’un prétexte de bonne conscience (et un moyen d’attirer des CSP+). Bon courage dans votre lutte !


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