La fin d’un fantasme, le début de la chute


Aujourd’hui il n’y a plus grande monde pour dire le contraire, la campagne présidentielle (la législative n’ayant été qu’une « suite logique ») a suscité un élan, mais surtout un espoir, populaire important. Si le Front de gauche n’a pas totalement réussi ce qu’il espérait,  il a permis la victoire de François Hollande et la défaite de Sarkozy et de sa politique libérale. N’ayant pas personnellement fait parti des gens crédules par rapport à ce que serait la politique  du nouveau président « socialiste », j’ai en revanche, comme beaucoup de citoyens, espéré un changement dans le bon sens, celui qui favorise le travail au capital. Or à peine deux mois après, le fantasme d’une France « de gauche » est déjà enterré, le changement n’a pas eu lieu et n’aura pas lieu.

François Hollande, et le Parti dit « socialiste », ne souhaitent pas inverser le rapport de force face aux banques et aux marchés financiers. Les premiers actes montrent qu’ils suivent les pas de la droite libérale et semblent s’y complaire. Les sommets de l’Union européenne et de la Zone euro de la semaine dernière ont été marqués par de gentilles gesticulations de la part de notre président, pour terminer finalement par la validation des thèses libérales, thèses qui ont déjà causées tant de mal partout dans le Monde. Hollande et son gouvernement ne trouvent rien à redire à l’idiote règle d’or qui soumet l’ensemble des pays, l’ayant librement consenti, à des mesures mortifères d’austérité budgétaire. Or s’il existe deux moyens de réduire les déficits publics, ce n’est évidemment pas celui de la taxation des capitaux et des hauts revenus qui est choisis par notre président « socialiste », mais celui de la réduction des dépenses publiques. Dépenses pourtant nécessaires dans une économie qui se contracte comme la notre.

Autre élément dont il a beaucoup été question la semaine dernière : la hausse du SMIC. En augmentant celui-ci de 20€ par mois, le gouvernement nous montre, encore une fois, qu’il préfère le capital au travail. En effet, pour eux l’augmentation (ridicule) ne doit pas déstabiliser les entreprises. Or cela montre une méconnaissance des réalités économiques : les entreprises qui embauchent au SMIC sont majoritairement des entreprises dans le secteur des services, donc « non délocalisable » ; et des grandes entreprises, c’est à dire les mêmes qui versent des dividendes indécents à leurs actionnaires. Pire, ils oublient un aspect fondamental de la théorie économique : le salaire est peut être une dépense, mais est également une richesse. C’est cette richesse qui est réinsérée dans l’économie et qui permet de faire tourner le carnet de commande des entreprises.

Finalement, à ne pas vouloir lutter contre la domination des marchés financiers et des banques, nous vivons le premier tome de la situation grecque d’il y a quelques années. Or si la droite au pouvoir nous a fait foncer vers le ravin, le socialisme d’Hollandréou ne semble pas vouloir appuyer sur le frein.

Mais « le pire » dans tout ça c’est que même en matière « sociétale », le parti socialiste est à la traine, voire carrément réactionnaire. Manuel Valls s’est notamment illustré en validant une théorie complètement fausse du Front national qui considère la population immigrée comme une dépense « que l’on ne peut plus se permettre », alors que celle-ci rapporte, au final, beaucoup plus aux caisses de solidarité qu’elle ne coute. L’éviction de Nicole Bricq du ministère de l’écologie qui avait osée s’opposer à l’exploitation pétrolière par la société Shell de gisements au large de la Guyane ; mais aussi la hausse modérée du plafond du Livret A (qui permet notamment de financer le logement social) encore une fois pour ne pas « déstabiliser les banques », témoignent également d’une absence complète de changement politique depuis la prise de fonction de François Hollande et de son gouvernement.

Le plus regrettable est que le PS a amené dans ses délires libéraux les dirigeants d’Europe Ecologie-Les Verts, qui dans un communiqué de presse surréaliste, ont déclaré que les accords européens (cités plus haut) sont « un premier pas important ».  Et pendant que les médias refusent de se poser la question de savoir si Hollande et ses camarades mènent une politique de gauche, nous au Front de gauche on affirme notre autonomie conquérante, dont l’abstention d’aujourd’hui sur le vote de confiance du gouvernement à l’Assemblée Nationale est un symbole fort ! C’est que nous avons, en matière d’autonomie, une responsabilité importante. En effet, lorsque les citoyens se rendront compte que, depuis le départ de Sarkozy rien n’a réellement changé, nous devront être le véritable recours à gauche et faire barrage au danger, surement encore plus fort qu’aujourd’hui, que représentera le Front national. Et comme l’a écris Léon Blum dans la brochure Pour être socialiste parue en 1919 : « On est socialiste à partir du moment où l’on se refuse à accepter la figuration actuelle des faits économiques comme nécessaire ou éternels ; à partit du moment où on a cessé de dire : « Bah! C’est dans l’ordre des choses! Il a toujours été ainsi et nous ne changerons rien » ; à partir du moment où l’on se dit que ce soit disant ordre des choses est en contradiction avec la volonté de justice,  d’égalité et de solidarité humaine »


One Comment on “La fin d’un fantasme, le début de la chute”

  1. Hé oui, le PS est bel et bien libéral. La gabegie européenne va continuer, rien de ce qui nous a conduit dans cette crise ne sera remis en question. La crise, quel formidable prétexte et quelle aubaine !! Privatiser les bénéfices, et nationaliser les pertes !! Attendons de voir ce que ce gouvernement fera quand les marchés lui donneront l’ordre d’éradiquer le CDI…


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