Pour vivre mieux, ralentissons la ville


Dans l’imaginaire collectif la ville est un lieu de mouvements. Les différents flux (automobiles, piétons, de marchandises, voire immatériels … ) qui s’entrecroisent à des vitesses toujours plus importantes contribuent à cette sensation et les « villes mondes » sont l’archétypes de ce processus d’accélération aliénant pour les individus. Mais en parallèle une prise de conscience écologique que « nous ne pouvons pas continuer comme ça » émerge chez les citoyens de nombreux pays développés. En réponse au productivisme destructeur pour l’environnement va naitre le mouvement des « Villes lentes ».

Ce concept qui prend son inspiration dans les mouvements d’écologie politique et de décroissance, en prenant exemple sur l’association américaine Slowfood créée une dizaines années auparavant pour lutter contre les fast-foods et la « malbouffe »,  va questionner nos usages de la ville et réfléchir à des solutions à apporter à la crise écologique (notamment en visant à se rapprocher des rythmes « naturels »). Né en Italie en 1999 le « citttaslow » va intéresser au départ quatre villes italiennes progressistes sur la préservation de la qualité de vie des habitants et sur la préservation de l’identité locale face à la globalisation culturelle en matière d’aménagement du territoire.  Aujourd’hui le réseau des villes lentes touche plus d’une centaine de villes en majorité dans l’Union Européenne mais aussi aux Etats-Unis et en Australie. A mon sens ce mouvement apparaît comme une véritable bouffée d’air pur contre les politiques hypocrites de développement durable et de capitalisme vert car c’est une critique en profondeur de l’essence même du système capitaliste.

Concrètement une ville qui souhaite participer au mouvement doit obligatoirement s’inscrire dans un respect du manifeste Cittaslow comprenant soixante-dix recommandations. Ces recommandations vont concerner divers éléments comme la réduction des consommations énergétiques et la protection de l’environnement : en donnant par exemple la priorité à l’utilisation des transports en commun et par la mise en place de programmes très poussés de recyclage, mais concerne aussi la préservation du patrimoine urbain historique qui apparaît comme une richesse face à l’homogénéisation culturelle qu’entraine la mondialisation des échanges. Contre la dictature de la finance c’est l’humain qui doit être au centre de la ville : une ville lente doit favoriser l’émergence d’une démocratie participative réelle et mettre en place des structures collectives publiques pour favoriser la cohésion sociale, mais doit aussi favoriser le piéton contre tout autre mode de transport.

Le bien-être urbain est l’élément central du projet politique des villes lentes. Celui-ci se traduit par la construction d’un nombre important de zones piétonnes mais aussi « d’espaces verts » ou de loisirs pour faire « vivre la ville ». Ces mesures nous rapprochent des idéaux d’Henri Lefebvre et de son « Droit à la ville ». Le citadin ne doit pas être simplement consommateur de la ville mais acteur de celle-ci.

Enfin, si le mouvement des villes lentes m’intéresse particulièrement, c’est que je le trouve particulièrement adapté au projet du Front de gauche de planification écologique. En effet, de nombreuses recommandations du manifeste comme la nécessaire relocalisation des activités économiques, le développement de commerces de proximités et la priorité donnée aux transports collectifs font parties intégrantes du programme politique du Front de gauche pour une société plus juste et plus vivable pour les humains. Comme le programme du Front de gauche, la charte des villes lentes concerne tous les aspects de la société et cherche à agir sur l’ensemble du système et comme le programme du Front de gauche, la charte des villes lentes met au centre de son action politique l’humain et cherche à améliorer les conditions de son existence, en mettant de coté les volontés des marchés financiers et les conséquences sur ces derniers.

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